Ce matin, réveil à 6h30 ! (ça fait mal quand on a l’habitude de se réveiller 1h plus tard au moins en général ; et encore plus, quand on n’a pas pu trouver le sommeil avant 1h voire 1h30). Pourquoi se lever si tôt un dimanche matin, diantre ? parce que je retourne en enfance et que je ne veux pas rater les dessins animés dominicaux ? parce que j’ai soudainement envie d’aller à la première messe de la journée ? eh bien non ! parce que le voisin d’une amie nous a proposé une petite sortie à la montagne. K-A et moi allons être initiés à la randonnée en raquettes. Donc, nous voilà, de bon matin, en route direction Luchon.
Une fois arrivés au Bourg d’Oeuil, on nous explique comment enfiler les raquettes : ce qui n’a pas l’air trop compliqué a priori. Et nous voilà à l’assaut de la vallée. Et après quelques minutes : le premier déchaussage d’une longue série. (Evidemment, je n’avais pas suffisamment bien attaché les raquettes…) c’est pas grave : qui veut aller loin, ménage ses raquettes. Ainsi convenablement chaussé, je me lance vaillamment à l’assaut de la vallée. Avec une vaillance qui n’a pas fait long feu il faut bien le reconnaître… mais a-t-on idée d’entreprendre l’ascension d’une côte qui fait au minimum 70° ? on dirait bien que oui, si on est un petit peu sportif. Ce qui n’est pas mon cas ! Mon cœur commence à battre de plus en plus vite : mon corps a besoin de beaucoup d’oxygène, lui qui n’est pas habitué aux efforts violents.
Et fatalement, je me retrouve nez à nez avec un immense grizzli d’au moins 2m de haut. Il avait un pelage immaculé, aveuglant. Affreuse apparition. Et ses crocs acérés étaient prêts à broyer les os de malheureux égarés aventureux, à se régaler de chair bien fraîche…
En vérité, ça ne s’est pas passé tout à fait comme ça. Je me suis plutôt retrouvé nez à nez avec un monstre pire : la terrible Fringale, aussi connu sous le barbare nom d’Hypoglycémie. Voilà que ma tête commence à tourner. Je me sens faible. Que faire ? je continue courageusement les rejoindre. Ils comprennent que ça ne va pas. Je suis prêt à tout abandonner. Je suis un poids pour eux, il faut qu’ils m’abandonnent. Il faut qu’eux au moins continuent et sauvent leur vie de ce terrible grizzli. Je me sacrifierai pour eux. Ou alors je rejoindrai la voiture. Je m’écroule sur la neige, épuisé. Et je me résigne à essayer d’avaler un Grany saveur pistache. En temps normal, je l’aurai dévoré, mais là incapable de déglutir. Je prends tout mon temps et en profite pour me reposer.
Finalement, prenant mon courage à deux mains, je décide de continuer, car ils consentent à ralentir, comprenant que cette montée à pic qui n’était initialement pas prévue a consumé un corps inadapté aux efforts sportifs violents.
Nous continuons donc, plus calmement. La tête me tourne encore un peu… il faut laisser le temps au glucose de pénétrer le sang. Mais je me sens d’attaque pour continuer, jusqu’à ce que mort s’en suive ! enfin, évanouissement plutôt. Mais c’est un autre ennemi qui apparaîtra : l’ignoble Crampe ! elle s’accroche à mon mollet droit. Affreuse souffrance. ἀνέχου καὶ ἀπέχου [1]. Stoïque je poursuis. Elle appelle un renfort qui s’attaque traîtreusement à mon mollet gauche ! puis un autre vient à leur aide et s’agrippe au bas de ma cuisse droite ! que faire ? abandonner lâchement ? que nenni ! buvons, buvons pour les éliminer, et endurons ! Ce fut dur, mais on est finalement arrivés au col. J’ai vaincu ! ou alors, je me mésestimais, ou pensais que ma résistance limite était plus faible que prévu.
Comme le temps commençait à se dégrader, on amorça la descente. Mais avant de poursuivre, halte dans une petite cabane pour se restaurer. Là, se trouvaient déjà deux grimpeurs, visiblement habitués à la randonnée dans le coin d’après le récit de leurs exploits. Je n’ai pu m’empêcher de penser à Brokeback Mountain, en plus vieux et plus rustique. On ne leur tient pas compagnie trop longtemps pour ne pas trop se refroidir.
Donc, rebelote : on remet les raquettes et évidemment je les mets mal et je déchausse encore… heureusement le retour est plus agréable et plus facile que l’aller, même si je sentais que les Crampes n’avaient pas abandonné la guerre…
On arrive finalement à la voiture, puis à Toulouse, et moi enfin dans mon petit studio.
Bilan : bientôt des photos des paysages et surtout demain, l’Arrière-Garde va porter le coup fatal en lachant son arme secrète : les Courbatures ! on m’a suggéré de faire un petit footing de décrassage… ce sera déjà bien si j’entreprends de la marche rapide.