Une fois le livre d’Eric ZEMMOUR fini, j’ai repensé à cette réplique de Virgin Suicides : « obviously Doctor, you’ve never been a thirteen year old girl » . Dans le cas présent, ce serait plutôt : « manifestement Monsieur ZEMMOUR, vous n’avez jamais été une femme [1] » .
Que celles et ceux qui me croyaient macho, parce que j’ai eu l’outrecuidance d’affirmer un jour : « les hommes chassent et les femmes cuisinent » – au second degré soit dit en passant ; et, non, je ne dis pas que les femmes sont dénuées d’humour !!! – sachent qu’il apparaît, clairement, grâce à ce journaliste que ce n’est pas le cas.
De tout temps, quand ça allait mal, on se trouvait un bouc émissaire. L’antiquité eut ses Barbares et le Moyen-âge ses Juifs, ses hérétiques, et autres. Pour un nombre non négligeable de Français, les étrangers – pas seulement ceux qui ont réussi à pénétrer notre territoire, mais l’étranger en général, celui qui n’est pas occidental : remercions les vulgarisateur de la « théorie mondialiste »… – sont la source de nos maux actuels. Mais c’était sans compter sur un ennemi encore plus perfide, car elle a toujours était à nos côtés : la femme. Ainsi, les féministes ont non seulement contribué à faire accepter inconsciemment la féminisation de la société, mais on leur doit aussi l’augmentation des divorces et donc des familles monoparentales. Comment voulez –vous que les enfants soient bien éduqués et ne deviennent pas délinquant dans une famille où le père a perdu toute autorité et ou règne une mère castratrice – forcément castratrice… tout comme le patron n’a qu’une envie : licencier ses employés, la femme n’a qu’une envie castrer l’Homme pour se venger de ces millénaires de soumissions et d’avilissement.
L’auteur nous fait, également, partager sa nostalgie de la violence qui permettait à l’homme de s’accomplir, d’affirmer sa virilité. On ne fait plus la guerre. Dommage. Il reste encore quelques manifestations de-ci de-là pour ceux qui ne savent que faire de leur trop plein de testostérone. Mais le cœur n’y est plus. C’était mieux avant, comme disait l’autre. Il faut néanmoins reconnaître que certains faits mis en avant sont intéressants, de même que certaines analyses. Je ne citerai que l’exemple de l’accès des femmes à un nombre de plus en plus important de métiers, non pas parce que les idées féministes sont entrées dans les têtes des patrons, mais parce que les capitalistes ont compris l’avantage qu’ils retireraient avec cette armée de réserve (pour reprendre l’expression de MARX) qui leur a permis de ne pas continuer à augmenter les salaires. De même, les femmes n’investissent pas les lieux de réels pouvoirs – que sont les hautes sphères de la finance de nos jours. On peut bien leur laisser officiellement une certaine représentabilité politique, tout en sachant pertinemment qu’elles ne s’y bousculeront pas. A moins de sacrifier sa vie de famille.
A noter également ce glissement sémantique :
le ministère de l’Instruction publique est devenu le ministère de l’Education nationale. Au projet paternel d’instruire (instruere signifiant « armer pour la bataille, équiper, outiller », Note de Z.), s’est substitué le projet maternel d’éduquer (educare ayant comme sens premier… nourrir !, Note de Z.). L’instruction qui fait appel à l’intelligence, aux capacités rationnelles, est supplantée par l’éducation avec sa dimension affective, tournée vers l’épanouissement de l’enfant.[2]
Les mots qu’on utilise sont le reflet de notre temps.
Je finirai avec la théorie que j’ai trouvé la plus discutable. Il est de notoriété publique – du moins dans les bars et les cafés – que l’homme est par nature polygame. Il faut donc lui tolérer ses escapades amoureuses. Avant, ça ne posait pas de problème : « Il y avait les épouses pour le mariage et les enfants ; les maîtresses pour l’amour ; les courtisanes ou le bordel pour le plaisir » (sic). Il ne manque d’ailleurs pas de faire, cyniquement, remarquer que le seul roi qui a été fidèle et qui n’e montrait pas une virilité exacerbée, a fini avec la tête guillotinée. Selon lui, les femmes ont réussi à imposer lentement dans l’imaginaire masculin l’idée – qui leur était propre – qu’il faut rechercher le désir ET l’amour chez l’autre, que les deux ne doivent pas être dissociés.
Par paresse – et parce que mon but n’est pas de faire une critique exhaustive – je passe sur les autres thèmes abordés tels que l’homosexualité (les gays et les féministes se seraient tacitement liés dans l’abominable dessein de rendre l’homme moins rustre : l’ennemi de mon ennemi est mon ami…), la maitrise de la contraception, (d’où la baisse de la natalité, d’où la disparition des peuples européens, d’où l’immigration…), l’attrait/répulsion pour les « djeunz » des cités car ils représentent l’archétype même du mâle virile qui s’assume (et qui fait l’apologie de la femme-objet dans les clips de rap), la pornographie, la « couplisation » …
Monsieur ZEMMOUR regrette que les hommes d’aujourd’hui ressemblent plus à la princesse de Clèves qu’à CASANOVA. Pourquoi ne pas laisser une chance à une société un peu plus féminisée et moins virile ? Elle s’esquisse et quand bien même elle serait déjà établie, qu’est-ce que quelques décennies face à des siècles de massacres ? Ça ne pourra pas être pire que 2 guerres mondiales en moins d’un demi siècle…
Notes
[1] je sais que je ne suis pas le mieux placé pour le dire ; loin de là…
[2] Hélène VECCHIALI, Ainsi soient-ils, Calmann-Lévy, 2005