Texte #5

Parfois je suis l’hôte du lugubre corbeau de la Mélancolie.
C’est lui qui me choisit, car il sait qu’il sera bien traité et qu’il ne sera pas trop vite chassé.
Alors, il se niche confortablement dans mon faible esprit et m’aveugle de ses sombres ailes.
C’est un vicieux volatile qui produit l’aliment dont il se nourrit et qui ne me quitte qu’une fois rassasié.
Qu’une fois que je me suis laissé suffisamment dépérir et que je n’ai plus aucune saveur.

April Snow

April Snow Un homme, In-Su, et une femme, Seo-Young, se rencontrent à l’hôpital : leurs conjoints sont dans le coma après un grave accident de voiture. Ils ne tardent pas à comprendre que ces derniers se trouvaient dans la même voiture et avaient une liaison… en dépit du sentiment de profonde trahison qui les ronge, ils passent leurs journées à veiller leurs amants. Ce qui finit par les rapprocher…

Encore un film romantique. Quatre à la suite comme dirait le célèbre animateur, d’un jeu non moins célèbre, qui officie sur France 3. (Désolé… (cf. Michel DENISOT dans les Guignols de l’Info… Désolé…) mais c’est pas ma faute si l’humour me fuit…) Mais je m’égare là…
Donc ces derniers temps, mon côté féminin a largement été comblé cinématographiquement. (Comment ça j’en fais trop là ???)
J’ai apprécié l’absence de mièvrerie (contrairement aux Filles du botaniste qui en regorge trop…) de cette histoire contemporaine qui se passe entre l’hiver et le printemps. Surtout, ici, on voit que l’amour naît lentement, sans qu’on y prenne forcément garde… et quand il est déjà bien installé, il est trop tard…
Néanmoins, j’ai quand même été mal à l’aise de les voir s’aimer alors que leurs conjoints étaient dans le coma, pas si loin d’eux. D’accord, ceux-ci avaient fauté les premiers et ils n’avaient que ce qu’ils méritaient. Il n’empêche… peut-être que s’ils avaient été morts, cet amour m’aurait un peu moins gêné…
En ce qui concerne la fin, je ne la raconterai pas (comme on s’en doute, l’amour des deux nouveaux amants triomphe) mais je dirai simplement qu’elle est quand même un peu cruelle (la femme de In-Su se réveille alors que le mari de Seon-Young meurt…). Je dois reconnaître que s’il avait été autrement, j’aurai été profondément déçu par le film : heureusement que ce n’est pas un film hollywoodien.
Mais j’ai quand même un petit coup de gueule à pousser : était-ce vraiment nécessaire que le héros soit musculairement aussi bien dessiné (i.e. tablettes de choco + pectoraux) ? Ça pouvait pas être monsieur-tout-le-monde, non ? En tout cas, si on aime les hommes asiatiques, on peut se rincer un peu l’œil. ^^

Je ne vaux rien

Ou plutôt mon blog ne vaut rien si on se réfère à pooxi. Je pourrai même pas le revendre pour m’acheter des Malabars… en même temps, je mange pas de chewing-gums : la faute à ma maîtresse de CE1 qui m’a traumatisé – peut-être un sujet futur tiens… mais je m’égare là…
D’après ce que j’ai cru comprendre, il faut être référencé sur Technorati ou alors qu’une personne déjà présente sur ce site pointe un lien sur mon blog.
Et puis je me suis demandé : faut-il s’inscrire sur des annuaires pour faire venir du monde ici ? Faut-il mettre une accroche du genre : « du cinéma, des bouquins et des filles asiatiques » ?
Après une bonne seconde de réflexion, je me suis dit : à quoi bon ? Écris-je, égoïstement, pour moi ou plutôt pour être lu ? Pour vivre heureux, vivons cachés ?
Trop de questions inutiles, donc pour l’instant on maintient le statu quo.

Sinon, je remarque que dès qu’on atterrit par hasard sur mon blog, on se précipite irrémédiablement dans la galerie. (On est tous un peu – beaucoup ? – voyeurs, n’est-ce pas ?) Laquelle, pour l’instant, ne comporte que quelques clichés d’un paysage hivernal, sur lesquels on ne s’attarde pas trop… Parce que j’ai un peu de compassion et pour qu’on n’ait pas l’impression d’avoir perdu un peu son temps, je vais peut-être inaugurer une catégorie consacrée aux mushus puisqu’il parait que j’en connais pas mal… ou alors m’afficher dans toute ma splendeur (ou ma misère…) : ce qui serait la moindre des choses pour un narcissique…

Le Samourai du crépuscule

Le Samourai du crépuscule A l’aube de l’ère Meiji, un samouraï de basse caste, devenu veuf, Seibei Iguchi, abandonne le métier des armes et devient un petit fonctionnaire chargé de la gestion d’entrepôt pour faire vivre ses deux petites filles et sa mère sénile. Comme il préfère rentrer tôt chez lui que de passer un peu de temps avec ses amis dans les bars, ceux-ci le surnomment "le Crépuscule".
Un jour, son grand-oncle vient le voir pour lui conseiller de se remarier et de trouver une femme qui accepte de travailler. Mais comme il est pauvre, il devra se contenter de n’importe quelle femme…
C’est alors que réapparaît la belle Tomoe, son amour de jeunesse, qui a divorcé d’un mari brutal. Un soir qu’ils sont ensemble, l’ex-mari, en état d’ivresse, les surprend, et provoque Seibei en duel : ce dernier arrive néanmoins à le vaincre avec une simple épée de bois, en usant de techniques enseignées par un vieux maître.
La rumeur de sa victoire se répand, et son clan le désigne alors pour mater un samouraï rebelle très dangereux…

Que celles et ceux qui veulent voir l’hémoglobine jaillir à flots lors de combats épiques passent leur chemin. Car il ne faut pas se fier au titre : ici, nulle question de violence, mais plutôt de la vie d’un homme modeste qui n’a pas d’autre ambition que de mener une vie simple en compagnie de ses filles. Un homme qui pressent que les temps vont changer et qu’alors il pourra devenir un simple paysan qui n’aura plus à combattre. En vue de la révolution à venir, il encourage d’ailleurs ses filles à étudier pour pouvoir réfléchir par elles-mêmes et s’en sortir dans ce monde en pleine mutation (une telle idée n’est alors pas répandue, comme le montre la réaction du grand-oncle qui encourage la fille aînée à apprendre plutôt la couture – qui lui sera, pense-t-il, plus utile – que d’étudier…)
De plus, le public avide de romantisme trouva son compte avec l’histoire d’amour en filigrane entre Tomoe et Seibei (même si ce n’est pas le sujet principal du film). En effet, il est indéniable que ces deux-là s’aiment et qu’elle ferait une mère parfaite, mais Seibei ne veut pas qu’elle regrette son mariage en épousant un homme d’une famille moins aisée… et quand il lui annonce ce qu’il éprouve et la nature profonde de ses sentiments à la veille d’un dangereux duel, il se peut qu’il ait trop attendu, et qu’il risque de le regretter…
Si on veut voir un film agréable et sobre sur les samouraïs et un Japon a l’aube de grandes mutations, celui-ci est largement plus intéressant que The Last samurai (et je ne dis pas ça parce que je n’aime pas particulièrement Tom CRUISE. Quoique…)

Texte #4

Il se disait qu’il fallait partir maintenant et qu’il voulait être un héros. Il rêvait déjà de ce paradis de vainqueurs accueillis par les Valkyries. Il les voyait déjà avec leurs cheveux de feu et leurs formes généreuses ces farcouhes guerrières sur leur fière destrier. Ou, encore, par un harem de vierges brunes qui le serviraient pour toujours… Le vin coulerait, alors, à flots et il mangerait, tous les jours, les mets les plus raffinés. Il ne regretterait rien : il serait jeune pour l’éternité, et plus rien ne lui gâcherait pas la vie.
Il ne fallait surtout pas que le courage lui manquât à cet instant. Il se devait d’être brave. Coûte que coûte. Alors il s’élança, sans plus penser à rien, la rage au ventre…
BANG !!! La détonation retentit, sans aucun écho, le fauchant en plein assaut. C’était l’œuvre d’un sniper embusqué dans les ruines d’un immeuble. Rien ne signalait sa présence. L’endroit semblait désert pourtant. Il fut surpris comme tant d’autres avant lui.
Les quelques mètres si importants ne furent pas gagnés ce jour-là. Au contraire, ce fut un véritable bain de sang, pour ne pas dire un massacre programmé. Les généraux doutaient de l’efficacité de l’opération, mais il fallait la tenter quand même : une victoire aurait fait du bien au reste des troupes. En revanche, une défaite de plus ou de moins… ce n’était que quelques jeunes après tout, sans aucune expérience. Pas une grande perte donc.
S’ils avaient su qu’ils avaient si peu de valeur… Que leurs corps allaient pourrir au soleil pendant des jours et des jours, livrés à la vermine et aux chiens errants qui se rassasiaient de cette chère de qualité…