Babel

Babel Dans le désert marocain, deux jeunes garçons occupés à garder le troupeau de chèvres familial décident de tester le fusil, que leur a confié leur père, en tirant sur des pierres, puis sur des véhicules… La balle atteint, finalement, une touriste américaine. Dès lors, les vies de plusieurs personnes, éparpillées à travers le monde, vont en être affectées.

J’ai trouvé le sujet intéressant puisqu’il reprend la fameuse théorie du chaos qui dit – pour schématiser – qu’un battement d’ailes de papillon au Brésil peut déclencher une tempête au Texas. En effet, on assiste aux conséquences que peut avoir une balle perdue, dans le désert marocain, non seulement sur les principaux protagonistes (les tireurs, la blessée) et leur entourage mais aussi sur une nourrice mexicaine – qui travaille aux Etats-Unis et qui veut assister au mariage de son fils – et sur une adolescente nippone sourde et muette et rebelle. A priori rien ne relie cette jeune fille et cette maman. Et pourtant, leur destin s’en trouvera bouleversé…

Mais j’ai été déçu – tout comme KA et O. (D’ailleurs, d’après KA, sa meilleure œuvre reste sa première : Amours chiennes) Je m’attendais à mieux d’un film, à la fois, encensé par la critique et palme de la mise en scène lors du dernier festival de Cannes. Personnellement j’ai trouvé le film lent, avec des longueurs. Cela tient au parti pris du réalisateur de faire un seul film de quatre histoires. Le sujet, à mon avis, était trop dense, et il aurait été sûrement mieux rendu dans un livre. De plus, l’histoire de la Japonaise aurait sûrement mérité un film autonome. Non pas parce qu’ainsi je me serai rincé plus l’oeil, mais parce qu’elle avait quelque chose d’émouvant cette jeune sourde et muette, dans notre monde si bruyant, qui cherche à connaître l’amour, et qui a du mal à communiquer avec un père bien trop absent…

A voir seulement si on est accro à Brad PITT, ou si on veut apercevoir Gael GARCIA BERNAL, ou entrapercevoir quelques filles du pays du soleil levant et leurs loose socks.

Contre l’industrie cinématographique américaine

Tenue par des financiers qui rêvent plus de R.O.I.[1] que d’art, celle-ci est quasiment incapable d’innover. Du moins en ce qui concerne les principales majors. Du coup, on a droit à des adaptations littéraires (après l’immense succès de la trilogie du Seigneur des anneaux, voilà qu’Eragon est programmé dans les salles obscures, à peine quatre ans après la parution du livre – et même si Jeremy IRONS y apparaît, je ne suis pas sûr de céder à la tentation – alors que SUSKIND a attendu une vingtaine d’années avant que Le Parfum ne soit porté à l’écran) ou étrangères (j’hésite à aller voir la version hollywoodienne d’Infernal Affairs tant l’original suffit à lui-même (si j’y vais, ce ne sera que pour voir comment SCORSESE a négocié le plan-sequence initial, qui est un des plus beaux du 7ème art, dixit DIONNE [2] et aussi pour Jack NICHOLSON, plus que pour Leo ou Matt) des suites (bientôt Rush Hour 3 et Rocky VI – si ce dernier est du niveau du cinquième ça promet – entre autres)

Si les mécènes de la renaissance avaient été les financiers américains d’aujourd’hui, bon nombre d’œuvres ne nous seraient pas parvenues…

Notes

[1] Return On Invest

[2] que je regrette d’avoir « moukaté » dans ma jeunesse parce qu’il présentait les navets le mercredi matin, du genre Maciste et la reine de Samar tant sa culture à ce sujet est immense

Bibliophage

Suite au commentaire de Yannick, je me suis rendu compte que je lisais, quand même, beaucoup moins qu’avant (du moins sur un support papier) : merci internet… Et j’ai repensé à mon adolescence et je me suis dit que j’allais lancer un appel.

Si toi aussi, avant ta vingtième année, tu as, au moins, lu :

  • les Illusions perdues et/ou Splendeurs et Misères des courtisanes
  • le quart des Rougon-Macquart (en ce qui me concerne : Son Excellence Eugène Rougon, L’Assomoir, Une Page d’amour, Au Bonheur des Dames, Germinal, L’OEuvre, La Bête humaine, L’Argent, La Débâcle)
  • la trilogie VALLES (i.e L’Enfant, Le Bachelier, L’Insurgé) : œuvre, ô combien marquante !!!
  • un DOSTOIEVSKI (Les Frères Karamazov est, jusqu’à présent, LE livre qui m’a véritablement bouleversé) ou tout autre auteur russe (comme POUCHKINE et sa Dame de pique ou des pièces de théâtre de TCHEKOV)
  • les Histoires extraordinaires (nouvelles ou pas) d’E.A. POE et/ou quelques nouvelles de H.P LOVECRAFT ou autres écrits fantastiques – au sens littéraire du terme
  • des romans de K. DICK (notamment : Le Maître du haut-château et Ubik), ASIMOV (le Cycle Fondation) ou autres récits de S-F
  • des recueils de poésie (BAUDELAIRE, RIMBAUD, VERLAINE)
  • Le Seigneur des anneaux (avant que ça ne soit popularisé par Peter JACKSON, évidemment)
  • le début de la recherche du temps perdu (Du Côté de chez Swann, A l’ombre des jeunes filles en fleur, Du côté de Guermantes)

ou d’autres ouvrages du même genre, et, bien entendu, si tu n’as pas suivi la filière littéraire – sinon ce serait trop simple… – n’hésite pas à me contacter, parce que j’ai vraiment l’impression d’être un extra-terrestre… ou de m’être vraiment mal orienté…

A noter que j’ai vu, de-ci ce-là, sur la toile, le barbarisme : librophage. Barbarisme, parce qu’il est formé de la racine latine liber et du suffixe grec phagios : ce qui ne se fait pas. On dit manuscrit ou chirographaire[1], mais en aucun cas : manugraphaire ou chiroscrit !!! D’où mon choix, à partir de la racine grec : biblíon (βιβλίων).

Notes

[1] cf. Splendeurs et misères des courtisanes, BALZAC

Le Dictateur et le hamac

Après 2 BEIGBEDER coup sur coup (ce que je déconseille fortement), j’ai décidé de me changer les idées avec un PENNAC, parce que, d’une part, j’ai adoré la série des MALAUSSENE et, d’autre part, les deux premières phrases de la quatrième de couverture m’ont séduit et attisé ma, si grande, curiosité :

Ce serait l’histoire d’un dictateur agoraphobe qui se ferait remplacer par un sosie.
Ce serait l’histoire de ce sosie qui se ferait remplacer à son tour par un sosie.

Voilà un roman comme je les aime, avec du vocabulaire nouveau, ou qu’on n’a plus l’habitude de lire – latifundia, par exemple, qui m’a rappelé les cours de géographie… – qui nous attend au détour des pages et, surtout, je me suis délecté de ces temps, hélas, si peu présents dans la littérature contemporaine comme le subjonctif imparfait. Un auteur qui arrive à le placer dans un roman de nos jours ne peut être qu’un grand écrivain !!!

Quand on lit cet ouvrage on voyage non seulement à travers l’espace (Amérique latine, Europe, Etats-unis, France) mais également à travers le temps (début du siècle, milieu, les années 60/70…).

L’oeuvre est également intéressante à cause de sa structure : c’était la première fois que je suis confronté à une telle mise en abyme, pour la moins déroutante au début, où auteur et personnages se cotoient. Mais je n’en dirai pas plus, sinon ça perdrait de son charme…

Colonel BERGER

Déjà 30 ans, aujourd’hui, que cette grande âme nous a quittés. Et – bizarrement ? – alors qu’il est à la mode de se réclamer sinon du gaullisme, au moins du général, aucune personnalité politique de premier plan n’a rendu l’hommage qui devrait être le sien à cette figure majeure du XX ème siècle, ministre emblématique de De GAULLE.

MALRAUX, je l’ai découvert adolescent, à peu près en même temps que le Che. Et, il m’a fait rêver… A la fois pour le côté aventurier (aller découper des bas-reliefs d’un temple à Angkor, faut le faire !!!), écrivain (j’ai commencé par acheter La Voie royale, qui relate ces aventures, mais je ne me sentai pas prêt, alors j’ai lu d’abord La Condition humaine, puis L’Espoir ; me manque plus qu’à lire Les Noyers de l’Altenburg pour finir la trilogie…) et surtout engagé (en Espagne, avec les Républicains, contre Franco ; puis, parmi les FFI – même si, nombreux, sont ceux qui ont trouvé cet engagement-ci tardif…)

Quand j’aurai un peu de temps, je me plongerai dans une des nombreuses biographies qui lui sont consacrées et qui ne manqueront pas de me faire rêvasser…

En attendant, pour le plaisir, un extrait de son oraison pour le transfert des cendres de Jean MOULIN au Panthéon. Y’a pas à dire : ça a de la gueule quand même !!!

La politique, maman et moi

Je pensais que Roseline BACHELOT – qu’on voit un peu trop en ce moment à mon goût – était plus jeune que maman. Que nenni, que point !!! Elle a quatre ans de plus que ma génitrice. Et, si cela ne se voit pas: il faut remercier le maquillage, avant de venir sur les plateaux de télévision ou de poser pour différents magazines (et, aussi, la chirurgie esthétique : quel politicien n’a pas cédé à la tentation de gommer quelque(s) aspérité(s) de sa personne pour paraître plus « lisse », plus conforme à l’image parfaite qu’on se faisait/ferait de lui ?). Maman, continue à te teindre les cheveux si on veut te porter à la mairie de la Plaine-des-Palmistes !!! Et puis, tu as la bénédiction d’au moins un de tes enfants.

Plus sérieusement, je me demandais de plus en plus s’il n’existait pas un gène politique qui se baladait de-ci de-là à travers les générations. En effet, mon frère et moi sommes au faîte de de l’actualité de la cité pour ne pas dire de la nation ni du monde, depuis de nombreuses années, en dépit de notre jeune âge. Au début je ne me l’expliquais pas – même si j’avais ouïe dire que mon père s’intéressait beaucoup à la question. Mais j’ai appris, depuis, que ma grand-mère paternelle était très intéressée par ce sujet de même que mon grand-père maternel (à une échelle très locale, certes).

Ceci explique sûrement celà ; et, du coup, je ne serai pas étonné de me voir plus impliqué d’ici quelques années, bien que cela ne plaise pas forcément à ma mère…