Dans ce documentaire implacable, Kevin MacDONALD entreprend de retracer la vie de Klaus BARBIE. Ou plutôt ses vies. Car il n’a pas été que chef de la Gestapo à Lyon. J’ose croire qu’on se souvient encore qu’il a été le « boucher de Lyon », le tortionnaire de Jean MOULIN. Ce qu’on sait moins (voire pas du tout) c’est qu’après la guerre, il a été discrètement récupéré par l’Oncle Sam pour combattre le Communisme.
Même si ce n’est pas le sujet principal, une des grandes forces de ce film est de contribuer à mettre au grand jour la voracité des grands vainqueurs de la Deuxième Guerre Mondiale (USA et URSS) qui se sont accaparés au plus vite les principaux « cerveaux » du IIIeme Reich. Non seulement cerveaux scientifiques mais surtout experts en interrogation et en surveillance. On nous montre comment nombre d’anciens nazi ont dupé le CIC (contre-espionnage etatsunien) en exagérant la menace soviétique afin de bénéficier de leur protection.
Ceci explique comment Klaus BARBIE a pu se réfugier au début des années 50 en Bolivie grâce au CIC, mais aussi du Vatican… Là, il est de nouveau utilisé par les Etats-Unis et les dictatures sud-américaines, et enseigne son terrible savoir-faire pour mater les vélleités de révolution communiste. Il rêve même d’instaurer un IVeme Reich dans les Andes (avec l’aide d’anciens nazi, avec qui il n’a jamais cessé de garder contact).
Il est finalement rattrapé par la justice française grâce à la tenacité de Serge et Beate KLARSFELD, et à l’arrivée de la gauche au pouvoir en France. Après une longue instruction, il est condamné à la prison à perpétuité et meurt en 1991 des suites d’un cancer.
Une fois le générique final est terminé et les lumières allumées, la salle a gardé un silence terrible et pesant. Tout un chacun était encore remué par ce qu’il venait de voir. A savoir les différentes facettes d’un bourreau ordinaire (tantôt fonctionnaire zêlé, tantôt père aimant (sa fille ne comprend pas ce qu’on reproche à son père : « comment aurai-il pu tuer tout ces gens ? »), tantôt tortionnaire sadique et cruel) comme il n’y en eut que trop. Comme il y en a encore trop…
Certes celui a finalement payé, mais combien n’ont jamais été inquiété et ont continué de couler une vieillesse heureuse en se disant :
Sous un chapeau de paille
J’siffle un jus de papaye
Avec paille
(…)
J’ai gardé de mes batailles
Croix gammée et médailles[1]
Sick Sad World[2]
On sait que,
De Ray BRADBURY, je n’avais lu que Farenheit 451 et les Chroniques Martiennes. Comme la majorité des Français moyens je pense. Je n’avais jamais entendu parler de cette Foire des ténèbres. Mais