Joyeuses Funérailles

Joyeuses FunéraillesAujourd’hui, on enterre le patriarche. Et dès le début, ça commence mal : les pompes funèbres se sont trompées et ont apporté le mauvais cadavre.
On recommence donc. Aujourd’hui on enterre le patriarche. Et toute la famille est présente avec son lot de soucis : le fils complexé par le succès de son frère écrivain et qui doit faire le discours et qui doit, également, convaincre ce même frère qu’il ne peut payer entièrement les funérailles parce que sa femme le pousse à acquérir leur propre appartement ; la nièce qui veut faire accepter son copain à son père, lequel copain a avalé accidentellement une pillule hallucinogène croyant que c’était du valium ; le vieil oncle impotent, et j’en passe… Ah non, n’oublions pas ce curieux petit personnage, qui a en sa possession des photos compromettantes à propos du défunt et qui envisage de faire chanter la famille…

Je ne sais pas si c’est le film comique de l’année, mais c’est assurément un qu’il ne faut pas manquer, si on est amateur de comédie british décalée (oui, c’est un pléonasme, je sais). On a droit a à peu près tout : les mauvais jeux de mots de circonstance, un personnage nu comme un ver (une comédie britannique sans son lot de nudité c’est comme un roman britannique sans son gay de service : c’est difficilement concevable) qui menace de se suicider, une scène pipi-caca,… Bref, l’hilarité est quasiment assurée. Surtout lorsqu’on essaye tant bien que mal de se débarrasser de l’encombrant maître chanteur (Peter DINKLAGE est tout simplement excellent dans ce rôle du début à la fin). Allez savoir pourquoi, les voir s’y prendre ainsi m’a fait penser à Very Bad Things, quand le groupe d’amis devait enterrer le cadavre.

Il a failli y avoir un petit bémol : la fin. Terrible problème !!! Il faut savoir terminer un film, comme dirait l’autre. Ou un truc du genre. On en rajoute souvent trop, et ça a tendance à gâcher un peu le plaisir qu’on a pris auparavant. J’ai craint une fin un peu trop sérieuse avec les deux frères qui se parlent… Heureusement, il n’en a rien été. La scène finale est totalement inattendue, et le film s’achève dans un éclat de rire général. Signe de son succès ?!

Je suis colère

les enfants je suis colère !!! Je suis violence parce que je suis trahison !!![1]

Je m’emporte, mais c’est la faute de ces gens du marketing qui vendent un DVD (Next en l’occurence) avec cette accroche : par l’auteur de Paycheck et de Minority Report Ça leur écorcherait la gueule de dire : par Philip K. DICK, l’auteur de…

Comme si ce n’était qu’un vulgaire auteur de seconde zone dont on attendrait encore qu’il fît ses preuves. A croire qu’on a oublié qu’on s’en était déjà allègrement inspiré (on n’a qu’à revoir Blade Runner ou Total Recall, et j’en passe), d’une et qu’il a laissé une œuvre non négligeable (avec des classiques comme : Le Maître du Haut-Château ou encore Ubik).

Voilà, c’était le coup de gueule du jour.

Reste la consolation de faire partie des happy few qui l’ont lu. En plus de faire partie de ceux qui connaissent Monsieur Manatane (d’ailleurs ce DVD est en bonne place dans ma liste de cadeaux de noël).

Notes

[1] cf Monsieur Manatane

Bien après minuit

Bien après minuitEmporté par une irrésistible envie de me remettre à la Science-Fiction depuis plusieurs mois, je n’ai pu résister à m’offrir ce recueil de nouvelles en même temps que La Foire des ténèbres (et puis un bouquin qui affiche un prix en francs sur la première de couverture, vaut mieux l’avoir dans sa bibliothèque, comme relique). L’occasion également de continuer à découvrir Ray BRADBURY.

Et ce coup-ci, j’ai été… eh bien, ni tout à fait déçu, ni follement enthousiasmé. Sur la quinzaine d’histoires, à peu près cinq peuvent se rapprocher de la SF (par leur thème ou leur environnement). Pour quelqu’un qui voulait se replonger dans le genre, ça fait pas lourd… Sur le coup, j’ai eu la désagréable impression de m’être fait rouler par la quatrième de couverture, malgré certaines pépites qui m’ont ravi.

Mais à la réflexion, je rapprocherai – allez savoir pourquoi – cet ouvrage du K, de Dino BUZZATI (non pas la nouvelle, mais le recueil) – ou plutôt des souvenirs que j’en ai… Non pas pour le style, mais pour certains thèmes abordés, et surtout la manière de les traiter (par exemple Un morceau de bois – sur la Guerre et la folie des hommes, Les miracles de Jamie – sur l’égocentrisme et les rêves de l’enfance). Et voilà, comment on se retrouve à rajouter deux titres (Le K et Les Chroniques martiennes) à sa liste de livres à lire pour se rafraîchir la mémoire.

D’autres récits m’ont plu, pour leur fin inattendue. Je ne vous dirai pas lesquels : il ne faut pas gâcher la surprise.

Voilà donc le genre de livres qu’il faut emporter avec soi pour « raccourcir » les trajets en train.