L’avantage

avec les billets prépubliés, c’est qu’on a l’illusion que le blog se maintient en vie – ainsi que son auteur – tant bien que mal (encore faut-il avoir un stock plus ou moins important d’articles sous la main… mais là n’est pas la question.) Cette illusion a toutefois ses limites : il suffit de s’intéresser à l’accumulation de commentaires auxquels on ne répond pas…

Bref, tout ça pour dire que je pressentais que mon disque dur allait me lâcher depuis un moment déjà. Et je ne me suis, hélas, pas trompé. (La mésaventure a eu lieu au début du mois, pour celles et ceux que ça intéresse.) Ce qui explique que je sois encore moins présent sur la toile (mais qu’on se rassure, un nouveau est d’ores et déjà commandé !)

Voilà, c’était pour la minute pseudo égocentrique du blog. Qui en manque cruellement, paraît-il…

Donc, ça c’est fait !

Serpents et piercings

Serpents et piercingsJe me souviens que la première fois que j’en ai entendu parler, c’était dans Le Grand Journal, du temps que BEIGBEDER y chroniquait. Je ne sais plus comment il l’a présenté. Il a dû dire que c’était écrit par une jeune Japonaise de 22 ans et qu’il devait y avoir du SM ou un truc du genre. Et il n’a pas du manquer de préciser qu’elle a eu le prix Akutagawa au Japon.

Bref, friand de lecture asiatique contemporaine, je me suis dit : pourquoi pas ? allons-y !

Et j’ai été déçu, comme lorsqu’une publicité nous vante les mérites d’un nouveau produit qui n’a de nouveau que la petite marque qu’on lui applique sur le paquet…

J’exagère à peine. Car de quoi est il question ici ? D’une jeune fille de 19 ans qui tombe sous le charme d’un jeune homme à la langue fendue (de serpent, donc). Subjuguée, elle décide de faire de même. Et c’est là qu’intervient le troisième larron en la personne du perceur-tatoueur. Ménage à trois en filigrane dans le Tokyo underground ou presque. Et qui dit ménage à trois, dit fin tragique, celà va de soi…

Rien de nouveau, donc, sous le soleil. D’autant que le roman n’est qu’une énième variation sur le passage de l’adolescence à l’age adulte (je commence à saturer là…), version dépressive… ou plutot version alcoolisée, ce qui en définitive est la seule originalité de cette oeuvre.

Après on rajoute une pincée de sel sexe et de poivre SM, histoire de faire plus accrocheur et de vendre mieux. A croire qu’un bouquin est un bien culturel aussi quelconque que GTA IV… :-/

Peut-être aussi que cette mauvaise impression est due à la traduction de l’anglais et non du japonais directement (tradutore tradittore !!!). Par le même qui a traduit Hank, avec parfois les mêmes erreurs, je suppose, du genre : tu veux sucer = tu veux baiser ?

Install

InstallOu comment vendre une nouvelle au prix d’un roman sous le simple prétexte que l’auteure (pour faire plaisir aux féministes) n’a que 17 ans. D’ailleurs, je pense que j’ai eu raison de ne pas lire le roman du plus jeune auteur français l’an dernier, Boris BERGMANN, de l’écurie BEIGBEDER, même si le titre était alléchant : Viens là que je te tue ma belle

Mais revenons à nos moutons. Encore une fois, voilà un texte qui traite du délicat passage qu’est l’adolescence. A croire que j’envisage d’en devenir un spécialiste…

Notre héroïne, Asako, 17 ans, terminale (ou l’équivalent nippon) se pose son lot de questions existentielles. Et décide d’arrêter tout simplement l’école. Tentation assez fréquent au Japon tant la pression est forte (entre les cours officiels et les particuliers…). Pis encore, elle décide det tout liquider, tout abandonner, de renaître…

De renaître de bien curieuse manière puisqu’elle s’associe à son jeune voisin âgé d’une dizaine d’années pour se faire passer pour une jeune femme mariée et mère d’un petit garçon sur un chat pour adultes…

le texte a été rédigé i n’y a que quelques années (en 2001 plus précisément) et pourtant celà semble être une éternité !!! En effet, peut-on imaginer, de nos jours, qu’une jeune fille ne sache pas chattre ni même faire la différence, en Asie, entre les caractères et l’alphabet latin. Surtout au Japon. J’ai peine à le croire. Malgré quelques invraissemblances, comme un garçonnet qui sort, tout de go :

Sûr que plus on en apprend sur l’érotisme, plus on s’aperçoit que c’est d’une variété sans borne. C’est en se familiarsant avec les ténèbres que l’homme vainc sa peur et son incompréhension. Le monde en devient plus petit et plus mince. Pour éviter de se le prendre dans la gueule en devenant adulte, autant plonger soi-même dans l’univers du sexe avant l’âge. Après, au moins, on n’aura plus peur.

L’histoire se laisse lire et peut être une excellent introduction pour une jeunesse qui n’envisage la lecture que comme un lointain vestige d’une autre époque…

Women

WomenJ’ai découvert BUKOWKI y’a tout juste un an et je ne m’en suis toujours pas remis. Aussi ai-je décidé de me dégoter un autre bouquin pour voir si tout cela n’était que passager… Et ça ne l’est pas !!! C’est le genre de mecs que j’affectionne… Comme GAINSBOURG, ARNO ou LEOTARD (non pas François, mais Philippe ; encore que le premier a pondu un petit pamphlet pas dégueu du tout qui mérite le détour)

Dans Les Contes de la folie ordinaire, c’est surtout l’alcool à outrance qui m’avait marqué, voire traumatisé… Là, c’est la baise à tout va. Autres temps, autres moeurs. Le SIDA n’existait alors pas ; on ne craignait que la syphillis et compagnie (encore qu’on ne précise pas si on se protégeait ou pas… juste qu’on ramone en moyenne une vingtaine de fois avant de jouir. Ou qu’on découvre le cunnilingus…)

S’y alternent également les scènes quotidiennes d’une petite vie de plus en plus rangée (encore que le cochon se tape deux étudiantes allemandes en même temps…), toujours abreuvées d’alcool à tous les étages, et des passages de réflexion (à propos de Céline et de Voyage au bout de la nuit : Après ce bouquin, il a perdu la main, il s’est mis à frimer, à casser les pieds à ses éditeurs et à ses lecteurs. Rudemment dommage. Son talent à disparu ou encore d’autres écrivains etasuniens…)

Petit bémol, à la fin, avec quelques répétitions… c’est pas désagréable en soi, mais on s’en serait passé… Problème de traduction également : traduire shit par merde, ça devait le faire dans les années 80 même si j’ai un peu de mal à le croire…

En résumé, c’est pas le livre que je conseillerai pour rentrer dans le monde de l’écrivain dipsomane le plus célèbre des USA, mais il se laisse lire tranquillement, un petit après-midi estival…

Factotum

FactotumJ’en ai trop brièvement parlé l’an dernier. Faut que je me rattrape, car le film est sublime et faut que ça se sache. C’est le genre d’œuvre qu’on se lasse pas de voir et revoir (au même titre que Good Will Hunting par exemple).

Tout d’abord, Matt DILLON est tout simplement remarquable. Désormais, dès que je suis les aventures de CHINASKI, c’est lui qui s’impose à mon esprit. Seul petit bémol : trop belle geule quand même… le cheveux gras lui donne un style, y’a rien à redire, mais lui manque la bedaine, preuve des années d’alcool… (cf. Women par exemple où il se décrit laid et aimant s’enfiler des petites jeunes…)

Et la musique surtout !!! On ne le dira jamais assez, la bande-son contribue largement à la réussite d’un film. Ainsi, je ne me lasse pas d’écouter les poèmes chantés par Kristin Asbjørnsen. Un pur délice…

N’oublions pas non plus la scène d’ouverture qui nous plonge directement dans le bain : CHINASKI se fait virer après s’être arrêté dans un bar, qu’il venait de livrer… Ni la fin, texte déclamé devant une stripteaseuse, bouteille bière et cigarette à la main…

If you’re going to try, go all the way. Otherwise don’t even start.
This could mean losing girlfriends, wives, relatives, jobs, and maybe your own mind.
It could mean not eating for three or four days.
It could mean freezing on a park bench.
It could mean jail.
It could mean derision.
It could mean mockery. Isolation.
Isolation is the gift. All the others are tests of your endurance.
Of how much you really want to do it.
And you’ll do it, despite rejection in the worst odds. And it’ll be better than anything else you can imagine.
If you’re going to try, go all the way.
There’s no other feeling like that.
You will be alone with the gods and the nights will flame with fire.
You’ll ride life straight to perfect laughter.
It’s the only good fight there is.

Prochaine étape donc, lire Factotum, histoire de comparer, et ses poèmes surtout…

La Physique des catastrophes

laphysiquedescatastrophes.jpgDécidément, cette année débute très bien au niveau littéraire : le moins qu’on puisse dire c’est que je ne suis pas trop déçu parce que je lis.
La Physique des catastrophes, avait attiré mon regard lors d’une de mes nombreuses flâneries dans les librairies, l’an dernier. A l’époque, par manque d’argent, je m’étais rabattu sur L’Ame du mal et La Foire des ténèbres, tous deux en pocket.
Puis il s’est rappelé à mon bon souvenir à l’occasion des fêtes de fin d’année, car présenté comme un must have

Et je n’ai pas été déçu. Ça a beau être un pavé, je l’ai englouti en un petit week-end pratiquement. Une fois qu’on entre dans l’histoire, difficile d’en sortir. Enfin, si on apprécie les histoires de fin d’adolescence…
Car ça commence comme un mauvais teen-movie (comme on dit en bon français) : on a une jeune fille intelligente, nouvelle au lycée, qui finit par intégrer le club select des sang-bleus. Tout ce petit monde gravite autour d’une prof de cinéma qui meurt mystérieusement…
L’histoire est une tentative de la part de l’héroïne (Bleu Van Meer ) pour essayer de comprendre comment tout celà a bien pu arriver… D’autant qu’elle est la dernière personne à l’avoir vue vivante…
Et puis, on n’est pas aux USA pour rien : on rajoute une pincée de groupuscule anti capitaliste, dot le père… mais j’en dis déjà trop !!!

Bref, le tout est agrémenté de citations et références culturelles (les titres de chapitres, par exemple, sont des titres de bouquins) qui, moi, m’ont séduit (snobisme (pseudo) intellectuel quand tu nous tiens…)
Voilà un des rares livres qu’il ne me déplairait pas de relire. Peut-être en VO cette fois…