Journal d’un vieux fou

Journal d'un vieux fouBien avant Gabriel García MÁRQUEZ et ses Mémoires de mes putains tristes, Junichirô TANIZAKI narre la passion d’un vieil homme pour une jeune femme. Chez l’écrivain hispanophone, il s’agit de s’enticher d’une jeune vierge, une dernière fois avant de mourir ; chez le nippon, la perversité est accentuée par le fait qu’il s’acoquine de sa bru.

La relation qui se noue ici, si elle n’est que « formellement » incestueuse (puisqu’ils ne partagent pas le même sang) n’en demeure pas moins troublante (ce qu’on sait depuis Phèdre…). D’autant plus que l’auteur fait la part belles aux perversions d’un vieillard impuissant (qui doit se contenter de voyeurisme ou encore de fétichisme du pied…). Mais, la jeune femme n’est pas innocente pour autant et sait profiter de son beau-père pour obtenir ce qu’elle veut (ainsi lui fera-t-elle dilapider une partie de ses économies en se faisant offrir une perle de chat – diamonds are a girl’s best friend, aren’t they ? – particulièrement onéreuse), voire semble se délecter de son emprise sur lui…

L’œuvre ne se résume, cependant, pas à une sordide histoire de sexe sous couvert littéraire (ou vice versa ; d’ailleurs, pour ça, on a APOLLINAIRE en France), mais ouvre une réflexion sur la comédie humaine qui peut se jouer au sein de la famille quand un couple vit avec ses parents (et qui n’existe déjà plus dans nos sociétés occidentales actuelles…). Elle offre aussi un tableau touchant sur la décrépitude du corps au soir de la vie, avec les douleurs innombrables et insupportables qu’on connaît alors et qu’on essaye d’oublier comme on peut (ici en phantasmant sur sa belle-fille ou en croyant la manipuler en la poussant à prendre du plaisir dans les bras d’un autre homme que son mari, que son fils donc, parce qu’il reste encore suffisamment lucide pour se savoir trop peu attrayant pour une aussi belle jeune femme qui ne daigne même pas l’embrasser).

Court roman qui permet de passer agréablement l’après-midi ou la soirée. Attention toutefois à ne pas se laisser rebuter par les premières pages assez indigestes sur les acteurs de Nô.

Quoi de neuf

Je suis pas spécialement fan des buzz – comme il est de bon ton de le dire – ni adepte des billets copiés-collés qui traitent de la même chose à epsilon près, mais un peu d’humour pour débuter la semaine ne fait pas de mal.

Et puis, c’est tout simplement jubilatoire !

Pour les plus jeunes, cette vidéo fait référence à un spot publicitaire pour une bière (Budweiser pour ne pas la nommer) qui a eu un succès phénoménal (le spot, j’entends) il y a 8 ans déjà. A l’époque, le haut débit était un horizon encore bien lointain, on ne partageait pas non plus les vidéos en ligne, on était plus souvent sur ICQ que sur Windows Live Messenger (qui s’appelait alors MSN), les réseaux sociaux, on n’y avait même pas pensé, et j’en passe… *petite larme nostalgique*

Bref, voici donc la vidéo d’origine, si on veut comparer ou se rafraîchir la mémoire ou se replonger un peu dans le temps… :

LMM #2

Parce que ça y est l’automne s’installe lentement mais sûrement… et les feuilles mortes commencent à se ramasser…
Parce que, surtout, y’a une expo en ce moment sur Serge GAINSBOURG à Paris. Je pense qu’il faut y aller si on peut (ce qui ne risque pas d’être mon cas, hélas…), ça peut pas faire de mal et ça permettrait de faire tomber quelques malentendus. Surtout pour ceux de ma génération – et en deçà – qui ne connaissent à vrai dire que GAINSBARRE. Lequel, bien avant tout le monde ou presque avait compris l’importance de l’image sur la personne dans notre société sur-médiatisée.
Parce qu’avant l’abominable bonhomme mal rasé, fumeur et buveur patenté, il y eut le jeune homme timide qui manquait tant de confiance en lui qu’il renonça à ce qu’il aimait vraiment (la peinture, art majeur selon lui) pour s’adonner à un art mineur auquel il contribua à donner ses lettres de noblesse. (Peut-être pas avec La Chanson de Prévert, encore que…)
Parce qu’il ne s’est pas intéressé qu’à la musique, mais à l’art en général (aussi bien le cinéma en tant qu’acteur et réalisateur, que la pub ou encore la littérature…)
Parce que…
Mais j’ai largement débordé du cadre minimaliste (tel que je le concevais au début du moins…) de LMM. C’est le problème quand on est fan…

Je te retrouverai

jeteretrouverai.jpgJ’ai découvert John IRVING, vers la fin du collège ou le début du lycée, grâce à l’adpatation de son roman le plus connu : Le Monde selon Garp, avec l’excellent Robin WILLIAMS (du moins l’est-il dans mes souvenirs). Puis j’ai essayé de le lire en anglais… puis j’ai vu L’Œuvre de Dieu, la Part du Diable. Puis, plus rien, jusqu’à ce que KA me prête ce bouquin.

Je dois reconnaître que lors de sa sortie, malgré les critiques plutôt dithyrambiques, je n’avais pas été particulièrement convaincu. D’ailleurs, je l’ai pris parce que j’avais rien d’autre sous la main, je dois bien l’avouer… mais assez parler de moi!

Ce pavé qui me rebutait quelque peu au début (près de 850 pages quand même et pas en format poche) je l’ai englouti presque d’une traite (comme bon nombre d’ouvrages cette année mine de rien). Faut dire que IRVING est vraiment un bon storyteller.

Pour faire court, c’est l’histoire d’un petit garçon, abandonné par son père à la naissance, élevé par sa mère par la suite et qui décide de retrouver son géniteur à la mort de cette dernière.

Présenté ainsi, ça ne donne pas spécialement envie, je le reconnais, mais c’est sans compter le monde « délirant » du maître : notre héros se fait dépuceler sans le savoir à 11 ans, et entretient une relation pour le moins ambiguë avec sa meilleure amie (ainsi lui tient-elle le sexe lorsqu’ils vont au ciné…) et se tape des femmes mûres dès le lycée… ça c’est pour le côté graveleux. (Soit dit en passant, je verrai bien Gael Garcia BERNAL dans son rôle ou Marc-André GRONDIN (l’acteur de C.R.A.Z.Y.) pour jouer les androgynes.)

Petit reproche néanmoins, la désagréable impression de se retrouver dans Le Monde selon Garp (sa mère devient lesbienne, il fait de la lutte au lycée… et j’en passe). Un déjà vu qui gâche un peu.

J’allais oublier l’autre personnage central du roman : le tatouage. Car la mère de notre héros, fille de tatoueur de marin devient tatoueuse à son tour, de renommée internationale ; et le père devient un homme illustré, brillant organiste de plus en plus refroidi par les douleurs du passé marquées à jamais sur son corps…

Je pourrai en parler encore des heures entières, mais je ne dirai pas plus, de peur de trop en dévoiler. Si vous avez un peu de temps, voilà une lecture que vous ne regretterez pas.

Le Vampire de Ropraz

Le Vampire de RoprazUne fois n’est pas coutume, j’ai lu deux bouquins « simultanément ». (Même si je n’ai toujours pas fini celui que je traîne depuis plus d’un mois déjà ; c’est pas que je sois totalement hermétique au sieur PYNCHON, mais y’a eu l’été, le déménagement impromptu, toussa, toussa…)

Il faut reconnaître que ce qui nous est présenté comme un roman n’est en réalité qu’une longue nouvelle… qui se dévore d’autant plus vite qu’un dimanche après-midi exécrable y’a pas grand chose d’autre à faire…

Mais rentrons dans le vif du sujet. Tout commence par un sordide fait divers qui a lieu au début du siècle dernier en Suisse. Attention : âmes sensibles (comme ma « douce et tendre ») s’abstenir ! On retrouve le cadavre d’une jeune fille, fraîchement enterrée, maculé de sperme et lacéré. Très vite, l’affaire fait grand bruit dans les alentours et même dans le monde entier, mais le vampire de Ropraz, tel qu’on l’a rapidement surnommé, demeure insaisissable. Pis, il fait deux nouvelles victimes… Jusqu’au jour où un garçon de ferme un peu simplet apparaît comme le coupable idéal parce que… on l’a retrouvé s’adonnant à des plaisirs zoophiles avec une vache…

On n’est pas ici dans une enquête minutieuse, fouillée qui cherche à traquer absolument le criminel. L’auteur rapporte ce qui s’est déroulé, journalistiquement avec un style froid, minimaliste, qui sied au climat et à l’ambiance de ces petits villages du début du siècle, où les non-dits sont nombreux, où la vie est souvent sordide et imbibé d’alcool à outrance…

On s’en tient donc aux faits et rien qu’aux faits, avec des descriptions sordides et cliniques presque. Même si’ l’auteur imagine ce qu’a dû être la terrible enfance de Charles-Augustin FAVEZ et les sévices qu’il a subis.

Une histoire à lire absolument, pour son dénouement (attention, spoiler, comme on dit en bon français) qui laisse planer le doute terrible car plausible tel que raconté : et si le soldat inconnu français était cet être vil et répugnant ? (qui n’est peut-être pas non plus le vampire, car d’après le procès, sa culpabilité n’est pas si évidente que ça, mais il fallait un coupable pour apaiser la vindicte populaire… comme bien souvent encore aujourd’hui…)

Je crois que ça va pas être possible

Loin de moi l’idée de faire une deuxième note musicale, mais c’est juste qu’il me vient parfois des envies de transformer mon blog en skyblog et de raconter toute mes déboires au monde entier. Après je vais m’ouvrir les veines et après je vais fuguer !!! Et puis de toute façon la société m’aime pas, mais je m’en fiche j’aime pas la société non plus !!!

Plus sérieusement, j’avais commencé à rédiger un petit billet littéraire, et je me disais que j’allais rapidement faire les dernières modifications d’usage pour le rendre à peu près lisible et le publier après le dîner, et qu’à l’occasion j’irai faire un tour sur des blogs que je n’ai pas visités depuis une éternité. Tout ça, vite fait, bien fait. Après, on aurait regardé un film avec ma douce et tendre, ou lu.

Mais non, ça n’a pas été possible, parce qu’un laptop pour deux, ça le fait vraiment pas ! Je pensais m’en accomoder, mais soit je suis trop accro ou soit elle l’utilise toujours au mauvais moment, allez savoir, mais y’a incompatibilité. (Comment ça la solution serait de s’offrir un MacBook (pro) ? On n’en est pas encore là…). Parce qu’après le dîner, évidemment, elle a décidé de surfer un peu. Je me suis dit que j’allais lire un peu, et qu’après elle me le laisserait, vu que j’avais préalablement prévenu que j’allais l’utiliser rapidement. Eh bien non, que nenni que point !!! A peine ai-je commencé à lire un blog qu’on me demandait si c’était pour ça que j’avais un besoin si urgent (ce que je n’ai jamais dit). Encore, j’ai eu la chance de ne pas avoir joué à Travian, on dirait. Et si on ajoute à tout ça tout le café que j’ingurgite quotidiennement, je me rends qu’on est passé à deux doigts de la crise (vu que le mot semble à la mode ces jours-ci)… Heureusement, j’avais un panaris au majeur droit à traiter. (Désolé, je ne maîtrise pas encore l’art de la chute :-/)

Note à l’attention de ceux qui auraient l’idée saugrenue de se mettre en couple et de vivre avec leur moitié : on ne soulignera jamais assez l’importance du canapé transformable en lit, ou tout simplement du matelas en trop…