Mort d’un cuisinier chinois

Mort d'un cuisinier chinoisVoilà le second bouquin que je lis et qui traite – en partie – de gastronomie chinoise. (Le premier étant l’excellent Vie et passion d’un gastronome chinois de Lu Wenfu que je conseille vivement.) J’en salivais d’avance…

Comme on s’en doute, il est ici question de la mystérieuse disparition d’un cuisinier. Bien entendu ce n’est pas un simple marmiton comme l’Empire en comptait tant à l’époque. Celui-ci avait la particularité, non négligeable, d’officier dans la Cité interdite (qui se trouve alors à Chang’an (actuellement Xi’an) ; on se souvient que le vénérable magistrat dont on suit les aventures a vécu sous la dynastie Tang).

Or «  (…) il est interdit d’y la Cité interdite être malade, a fortiori d’y mourir. Seule Sa Majesté et ses enfants possèdent ce droit. » rappelle-t-on à Ti Jien-tsie. Il faut donc absolument trouver qui a commis ce crime odieux (pour épargner la vie d’une centaine d’innocents qui officient dans ces mêmes cuisines), car cela signifierait qu’on peut également attenter à la vie du Fils du Ciel, malgré les nombreuses mesures de sécurité qui sont prises (ou plutôt semblent l’être…) ! Ce qui ne saurait être acceptable !

Contrairement aux deux précédents, celui-ci m’a bien plu. Parce que j’ai salivé tout le long, étant donné qu’il est souvent question – aurait-il pu en être autrement ? – des nombreuses spécialités culinaires de l’Empire du milieu, diront les mauvaises langues… Eh bien oui !!! Et elle auront mille fois raisons !!! Ce récit vous met l’eau à la bouche pratiquement de page en page, pour qui se délecte un temps soit peu des mets asiatiques. A ne pas lire donc si on n’a pas déjà faim ou si la faim vous tenaille, ça risquerait de devenir une torture…

Et c’est sûrement la seule raison, je dois le confesser. Bien sûr, on apprendra deux ou trois petits trucs de-ci de-là. Et ce, dès les premières pages qui sont, ici, un prétexte pour exposer la manière dont se déroule la carrière d’un magistrat d’une part, et donc d’expliquer – en partie – pourquoi le juge Ti se retrouve fonctionnaire à la cour impériale (même si aucun emploi ne lui est attribué pendant plusieurs jours, car on ne l’attendait pas aussi vite ; il faut dire qu’il était alors en poste aux confins de l’Empire) ; et d’autre part d’entrapercevoir la vie à l’intérieur de la cité interdite avec ces codes subtils et sa hiérarchie administrative.

L’écriture reste simple, plaisante, d’autant plus que l’humour n’est pas absent (même si ça suinte le déjà vu et que les ficelles sont plutôt grosses : un de ses fidèles lieutenants est introduit aux cuisines impériales bien qu’il n’y connaisse strictement rien ; ce qui est prétexte à quelques scènes cocasses, comme l’introduction d’un nouveau plat promis à un certain avenir semble-t-il : le raté… Car la cuisine est un art qui a ses codes (de couleur, de saveur, voire de philosophie (le yin et les yang doivent être représentés)) auxquels on ne saurait déroger si on veut être bien vus…

À tout cela s’ajoute une seconde enquête, en filigrane, menée par Madame la Première qui se demande si sa belle-mère « adorée » n’a pas tué son époux… et si oui (ce dont elle ne doute pas une seule seconde) : pourquoi ?

Certainement pas une des meilleurs investigations[1], mais incontestablement un agréable divertissement pour qui n’est pas habitué aux originales.

Notes

[1] désolé pour l’anglicisme dont j’ai pleinenemt conscience mais c’est pour éviter la répétition…

Desperate Housewives S05 – 1/4

Dieu sait – et mes rares lectrices et lecteurs – si j’apprécie de regarder une série d’un seul tenant (de nos jours, lit-on encore des romans en feuilleton ?). Une fois n’est pas coutume cependant, j’ai dérogé. Que voulez-vous ? Parfois une envie soudaine me prend de faire plaisir à ma douce et tendre, qui s’ennuie devant le peu de choix proposé à la tévé et qui surtout n’a pas emprunté de nouveaux romans.

Ce week-end donc, j’ai commencé à visionner la cinquième saison des palpitantes aventures de nos femmes au foyer américaines préférées (i.e Desperate Housewives S05, comme on dit dans le jargon). On se souviendra que je ne suis pas particulièrement friand de cette série – c’est le moins qu’on puisse dire – même si la première saison m’avait assez séduit.

Celle-ci, si elle ne démarre pas sur les chapeaux de roue, trouve néanmoins l’occasion de se renouveller. La trame : nouvelle voisine qui emménage devenant, pour le moins, répétitive, cette fois, c’est UN voisin qui débarque, marié à une des protagonistes (Edie, en l’occurrence) ; et surtout l’action se déroule CINQ ans après la fin de S04.

Du coup, quelques changements notables sont apparus par la force des choses – ou plutôt du temps. Les turbulents enfants de Lynette sont des adolescents tout aussi turbulents (l’un d’eux – Porter, pour ne pas le nommer) sort avec la mère d’un de ses amis qui lui annonce qu’elle est enceinte (et avec qui il envisage de fuir) après avoir eu préalablement une cyber relation avec sa mère, basée sur la poésie certes, mais dont il ignorait tout, contrairement à sa génitrice, qui n’est pas son père !!! – pardon, raconté de la sorte, on se serait cru dans Les Feux de l’amour (a.k.a Days of our lives, ou Les Jours de notre vie comme traduit dans Friends), mais tout ça ne s’étale que sur le premier quart de la saison, d’où le 1/4 du titre – oui, jeune fou présomptieux que je suis, j’envisage un suivi régulier… Et les Scavo tiennent toujours leur pizzeria, soit dit en passant…

To be continued, comme le disent si bien nos amis anglo-saxons.

LMM #4

À l’origine, j’envisageais de publier un article « pseudo-musical » toutes les semaines, il semblerait que je n’en écrive que tous les dix ou quinze jours…
Mais là n’est pas la question, l’essentiel est de partager, non ? (sans vouloir faire dans une quelconque mystique socialo-religieuse ; elle le fait bien mieux que moi…)
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L’Acte d’amour

L'Acte d'amourEn même temps que Le Vampire de Ropraz, ma « douce et tendre » avait emprunté ce petit bouquin. Au début, je n’ai pu m’empêcher de sourire en lisant le titre, voire de me moquer. Puis, la quatrième de couverture m’a insidieusement séduit. Que voulez-vous ? Il suffit que ça parle d’Asie (en l’occurrence du Japon ici) pour que je me mette à (vouloir) rêver… Et puis, un peu de romantisme de temps en temps, ça ne peut pas faire de mal.

Grossière erreur ! Je suis tombé sur le pire livre de l’année ! Que dis-je ? Le pire que j’ai jamais lu ! Il fallait bien que ça arrive, tant j’avais été enchanté par ceux que j’avais dévorés, cette même année. Je pensais avoir touché le fonds avec La Possibilité d’une île (j’avais prévu d’en parler ; c’était sans compter sur la procrastination qui m’est une maîtresse, décidément, trop fidèle), mais là, c’est pire ! C’est vous dire l’abîme qui est atteint (car la dernière partie de La Possibilité sauve un peu ce nauffrage).

L’histoire, pourtant, se présentait (à peu près) bien : après la mort de son père, une jeune femme, qui vit et enseigne au Japon, s’éprend d’un homme qu’elle n’avait rencontré qu’une unique fois auparavant. Commence alors un échange épistolaire et de courriels (c’était aux débuts de la démocratisation de l’internet, à la fin du siècle dernier donc), doublé d’une relation à distance.

Je m’attendais à une histoire pour le moins classique, pour ne pas dire basique, et voilà que je sombre dans une écriture nombriliste, vraissemblablement expérimentale. Dès le début, c’est douloureux. Ça veut peut-être ressembler à de la poésie en prose (dans le meilleur des cas) mais on en est très loin.

On rentre. Il pleut. Il pleut tout le jour.
La journée pourrait être plus morose.
Tu repars demain.
Mort rose.

Et vas-y aussi que je te parle de mon père, et vas-y que je suis à ce point attristée (quand le complexe d’Antigone perdure plus que de raison…), et vas-y que je deviens boulimique, et vas-y que je vais voir un psy… Entendons-nous bien : j’ai rien contre les pessimistes ou les dépressifs ou quelque catégorie désespérée que ce soit – bien au contraire ! – mais qu’on y mettre un minimum de style ou de gueule que diable !

Sans compter que ça suinte « l’intellectualisme » faussement détaché (et que je te cite CIORAN ou PEREC ou ARAGON et je passe les poètes japonais, comme si de rien n’était), qui donne une impression de prétention plus qu’autre chose. Là encore, je n’ai rien contre une certaine forme de snobisme intellectuel (Quel plaisir d’être parmi les happy few ) mais qu’on y mette au moins un semblant de forme !

J’allais oublier qu’on se laissait aller parfois aussi à quelque envolée pour le moins salace :

Je te vois encore et toujours la croupe offerte – comme une chienne – , disais-tu. Je te vois abouchée à ma queue, et moi sous toi à ta fente, centre de tout.

Peut-être pour inciter le chaland à poursuivre… pour ma part, j’avais la désagréable impression que ça sonnait faux, que ça n’allait pas avec l’ensemble du texte.

Malgré tout, j’ai eu le secret – et vain – espoir de penser que tout ça valait la peine d’être lu, et je suis allé jusqu’au bout. Mais, même la fin ne rattrape rien : alors qu’elle va rejoindre son amour en France via le transsibérien, elle a une ultime coucherie avec un jeune voyageur rencontré quelques jours plus tôt à peine… Etait-ce vraiment bien la peine ? Non, je ne pense pas. Les quelques descriptions de pays traversés suffisaient amplement.

C’est suffisamment rare pour être souligné : on l’aura compris, voilà un livre que je déconseille fortement !

Si j’avais pour habitude de noter, je mettrai sans état d’âme aucun un 2/20. Pour le papier et l’encre…