The Curious Case of Benjamin Button

The Curious Case of Benjamin ButtonUne fois n’est pas coutume, j’ai vu l’adaptation cinématographique avant de lire l’histoire : shame on me ! D’autant plus que c’est une nouvelle d’une quarantaine de pages, me semble-t-il de Francis Scott FITZGERALD (encore un auteur à lire à rajouter à ma liste, tiens)…

La séance d’auto-flagellation passée, revenons-en au film. Et encore, je me demande que raconter, tant on en a parlé en long, en large et en travers comme étant le film de l’année, que dis-je de l’année, de ce début de siècle !!! Tant et si bien qu’il était annoncé comme le grand vainqueur des Oscars 2009. Mais c’était avant la déferlante Slumdog millionnaire… Rappelons tout de même qu’il a obtenu 3 récompenses (dont celui du meilleur maquillage et surtout celui des meilleurs effets visuels).

Pour faire simple, c’est l’histoire d’un homme qui naît vieillard et meurt bébé : le temps s’écoule à l’envers pour son corps alors qu’il évolue mentalement normalement. On suit donc ses aventures (jeune marin à peine entré dans la vie adulte, il ira au bout du monde malgré son allure de retraité), ses rencontres plus ou moins extravagantes et sa découverte de la vie. Ce qui est un prétexte aussi pour s’interroger et réfléchir sur le sens de la vie (aussi bien au sens propre qu’au sens figuré) dans l’oeuvre originale d’après ce que j’ai pu comprendre.

Cela ressort-il dans le film ? Bien entendu, et c’est la moindre des choses, ai-je envie de dire, vu comment on l’a vendu. Le tout habilement enrobé d’une histoire d’amour sûrement plus omniprésente que dans le bouquin (mais je m’avance et ai peut-être tort…), qui accentue bien évidemment le côté mélodramatique (ils s’aiment depuis le premier regard échangé alors qu’ils avaient tous deux une douzaine d’années, mais lui le cors d’un vieillard de 80 ans, mais connaîtront d’autres partenaires, d’autres amours, qui ne seront qu’éphémères car ces deux-là sont fait l’un pour l’autre et finiront leurs jours ensembles…) typiquement hollywoodien. Faut bien que le film attire la gente féminine si friande de ce genre d’histoire, non ?

Est-ce le seul bémol ? Non, le côté gravure de mode de Brad PITT finit également par devenir lassant ou exaspérant, au choix (oui, je suis un homme, et non je ne suis pas jaloux, mais on se croirait parfois devant des spots publicitaires pour une moto ou des lunettes de soleil, ou un voilier…). Mais là, je chipote, car dans l’ensemble le film mérite d’être vu, et quoiqu’en dise Yann BARTES, il n’apparaît pas si long que ça (il dure quand même 2h35) et bien des films plus courts comporte plus de longueurs assommantes…

Perspectives cinématographiques – 2/2

Rien de bien intéressant donc à voir prochainement ?

Pas tout à fait, car y’a quand même deux ou trois petits films que j’irai bien voir dès leur sortie.

A commencer par Gran Torino ! Parce que c’est un film de et avec Clint EASTWOOD ? Non, car je ne connais pas spécialement son oeuvre (oui, Letters from Iwo Jima est en bonne position dans la liste des nombreux films à voir !), faut bien l’avouer. D’autant plus que vu tout le tintamare qui est fait autour, c’est le genre de publicité qui me dissuaderait d’aller voir (pas envie de me retrouver comme un bête mouton de Panurge…). C’est plutôt l’histoire (qui ne tourne aucunement autour de courses de voitures ou de quoi que ce soit du genre) qui m’a séduit : un ancien militaire plutôt raciste va devenir ami avec un jeune qui a tenté de lui volé sa fameuse Gran Torino et découvrir une communauté asiatique dont peu de gens soupçonnent l’existence et le destin tragique… A savoir la communauté hmong qui est vraiment trop peu connue malgré sa triste histoire et les violences dont elle a été – et est toujours, pour ceux qui n’ont pu quitter « leur pays » – victime. Ce qui me rappelle que j’aurai dû en parler depuis un moment déjà, décidément, la procrastination toussa toussa… Bref, peut-être que je m’avance un peu, mais je pense que c’est un film à voir vraiment, au-delà de considérations simplement cinéphiles.

Et aussi, une surprise pour moi, car dès que j’en ai entendu parler, je me suis dit : « toi mon bonhomme, tu passes direct à la case DVD voire divX, voire même, films à voir mais qu’on ne trouve jamais de temps à y consacrer (comme 300 justement ou encore Sin City, hélas…). Il s’agit de Watchmen. Encore une grosse production à base d’effets spéciaux diablement bien maîtrisés et de super-héros (je n’irai pas jusqu’à dire que c’est l’adaptation d’un roman graphique comme on le vend dans la bande-annonce, parce que c’est un concept que je ne comprends pas : autant dire une bande-dessinée ou un comic ou un manga, tout simplement, non ? Ou une subtilité m’aurait-elle échappé, n’étant pas un habitué du monde de la B.D ?). Mais après avoir vu la bande annonce justement, j’ai révisé mon jugement et me suis dit que pourquoi pas après tout ? Une fois de temps en temps, ça peut pas faire de mal non ?

Perspectives cinématographiques – 1/2

Où quelques films que j’envisage de voir ou pas.

Tout d’abord, Millenium, dont on commence à parler ici et là. Appelez-moi puriste ou snob, mais je n’irai pas le voir (dans l’immédiat du moins), à cause d’un premier « écueil visuel » : Lisbeth n’est tout simplement pas tel que je l’imaginais… je ne mets pas en doute les capacités de l’actrice à donner vie au personnage, mais bon dans le livre on dit bien qu’elle mesure 1,50m et des poussières pour une quarantaine de kilo (si ma mémoire est bonne…) et qu’elle est du genre anorexique, ce qui n’a pas l’air d’être le cas d’après ce que j’ai vu… D’accord, j’avoue, l’excuse est fallacieuse, mais faut me comprendre : j’ai été tellement emporté par la trilogie, j’ai cotoyé les protagonistes pendant un bon mois et ai vécu les aventures de Mikael Blomkvist et Lisbeth Lander aussi intensément qu’eux – ou presque – que je n’ai pas envie de me sentir dépossédé par un banal écran… Ils sont bien comme ils sont dans mon crâne pour un petit moment encore… J’en parlerai sûrement prochainement d’ailleurs, car la télé le ciné c’est bien, mais les livres c’est mieux pour parler comme F.-O.G.

Et puis, ça sent un peu le marketing facile tout ça, non ?

Que n’irai-je pas regarder non plus au cinéma ? Dragon Ball Evolution !!! dès les premières rumeurs l’an dernier et dès les premières images « volées » qu’on pouvait entrapercevoir sur la Toile, j’ai eu un très très mauvais pressentiment… Et j’ai bien peur de ne pas m’être trompé !!! Encore une fois, j’apparaîtrai puriste ou snob – au choix – mais le manga ou l’anime se suffit à lui-même, pourquoi diable a-t-on voulu l’adapter avec de vrais humains ? On en aurait fait un film d’animation à la Final Fantasy, j’aurai dit trois fois oui et applaudi des deux mains, mais là, on se retrouve avec des ersatz de San Goku ou de Tortue Génial (car ce ne seront jamais que de pâles copies pour qui les a vus de ses yeux dans leur version originale dessinée ou « animée ») sans compter que Bulma n’a pas les cheveux bleus !!! Si ça c’est pas un sacrilège, je ne sais pas ce qu’il faut !!! Et ce ne sont pas quelques scènes de combats et des effets spéciaux – furtivement aperçus dans la bande annonce que je m’abstiendrai de diffuser – sûrement plus que maîtrisés qui me feront changer d’avis…

Rien de bien intéressant donc à voir prochainement ?

Dexter S02

Dexter Mea maxima culpa !!! oui, j’ai eu tort, je le reconnais. Enfin à moitié, car je reste persuadé que la S01 de Dexter se suffit à elle-même, voire à la série : en effet, le tueur au camion friogrifique et arrêté et même tué (désolé, spoiler…) et ce cher Dexter, bien entendu, s’en sort. Que demander de plus ? C’est pas comme si on découvrait qu’une île pouvait être déplacée grâce à un mécanisme ou encore qu’un des principaux héros meurt à la fin de la saison, car alors là, on l’attend de pied ferme la saison suivante !!!

Sauf que j’avais oublié un petit détail : un policier commençait à avoir ce cher Dexter à l’œil et se doutait qu’il avait quelque chose à cacher, sans trop savoir quoi… La seconde saison débute donc avec un héros qui n’a pas tué (!) depuis une bonne trentaine de jours, et, comment dire, ça lui manque, faut absolument qu’il se refasse la main. Ce qui n’est pas évident quand la dernière victime n’est autre que son propre frère !

S’il n’y avait que ça, mais un autre petit soucis point à l’horizon : on a découvert un véritable cimetière marin, qui fait ainsi passer le précédent serial killer de la région pour un enfant de cœur car c’est plus d’une dizaine de cadavres qui sont peu à peu identifiés… La panique pourrait s’installer dans la ville, sauf que lesdites victimes sont des criminels qui ont réussi à passer à travers les mailles du filet judiciaire, et le Boucher de Bay Harbor gagne plutôt la sympatie de la population.

On a récapitule : on a un serial killer qui a besoin de tuer de nouveau, mais qui est surveillé par le FBI et ses collègues et donc sa propre (demi-)sœur. Ça s’annonce donc plutôt difficile.

Et c’est là que les scenaristes hollywoodiens sont forts, car on rajoute à tout ça une trame personnelle (son amie pense qu’il est drogué – ce qui n’est pas faux – et qu’il faut qu’il se soigne, sauf qu’elle se trompe sur la drogue : ce n’est pas de l’héroïne…) qui donne à notre héros une incroyable densité en le poussant à combattre ses démons pour savoir s’il doit les accepter ou pas (par le biais d’une jeune femme qui, on s’en doute est un peu dérangé et qui a tout de suite voulu mettre le grappin sur lui dès la première réunion des Drogués Anonymes à laquelle il n’a pas assisté dans son intégralité…) en se remémorant notamment les leçons de son père (et en se posant quelques questions à son sujet et sa relation avec sa mère…).

Bref, une seconde saison encore plus intéressante et passionnante que la première, qu’il faut absolument regarder si on a déjà apprécié la première, car elles sont rares les séries qui réussissent à transformer l’essai. Jamais deux sans trois ?

Petites leçons sur le grec ancien

Petites Leçons sur le grec ancienDès que j’ai lu le billet que Passou lui consacrait, j’ai su qu’il fallait que j’en prenne possession à mon tour et que je n’en serai que ravi. Et je ne me suis pas trompé ! Décidément l’année se poursuit sous les meilleures auspices (côté littérature) car ce petit bouquin est un véritable délice pour les yeux et l’esprit.

Moi, qui n’avais jamais – oui, je sais : shame on me ! – rien lu de Jacqueline de ROMILLY jusqu’à présent, je ne regrette pas d’avoir commencé par cet ouvrage, bien au contraire. Je crois même que c’est une excellente introduction à son œuvre et à son univers. Et pourtant, depuis la seconde, j’ai entendu parler de cette vénérable dame, car c’est à cette époque que j’ai commencé à entrapercevoir le monde grec, et par la suite, régulièrement, car je n’ai pu être insensible à son combat pour le maintient des humanités dans nos chères têtes blondes, pour que celles-ci soient, non seulement, bien pleines (ce qui relève sinon de l’utopie, au moins de la gageure à l’heure actuelle où le mot d’ordre semble d’en apprendre le moins possible et où on allège un peu plus d’année en année…) mais surtout bien faites !

Cet ouvrage est donc une excellente introduction (je ne suis pas sénile, je sais que je me répète mais c’est pour mieux persuader ma chère enfant !) à cet antique monde grec dont découle notre Occident contemporain et à qui nous devons beaucoup. Ce petit fascicule devrait être lu par tout élève de quatrième ou de troisième pour qu’il prenne conscience à la fois de l’importance de cette langue (non pas morte – quel affreux adjectif ici ! – mais plutôt fantôme, car elle n’a pas fini de nous hanter et de se rappeler à notre bon souvenir, tout comme le latin) revêt pour nous Occidentaux (à l’heure où la mode est au Chinois, je sais que je rêve tout éveillé…), mais surtout commencer à deviner sa beauté !

Que je regrette de n’avoir pas continuer plus encore au lycée (tsss soit disant qu’en série S, le latin et la LV2 c’était déjà plus que suffisant… d’accord au début de la 1ère j’ai eu quelques difficultés en Physique-Chimie mais rien d’insurmontable et encore moins en TS Maths avec les joies du bachotage intensif… mais on s’égare). Car lorsqu’on lit (et je n’ai pu m’empêcher d’entendre Jacqueline de ROMILLY me faire la leçon de sa voix à la fois malicieuse et si intelligente – c’est l’avantage quand on a regardé un reportage de la série Empreintes, dont j’ai déjà parlé plus d’une fois et, qui lui était consacré) ce petit livre on va d’émerveillements en découvertes et on se dit qu’il devrait surtout être offert à quelques uns de nos politiques auxquels elle semble prendre un malin plaisir à s’attaquer – et qui n’ont pas dû user leur culotte sur les bancs de latin et de grec :

Sur ce modèle encore, Platon a créé « timocratie » (Rép, 545 B) nom du régime où commandent ceux qui cherchent avant tout les honneurs (de timè, « marque d’honneur »), création qui n’a pas eu l’heur d’entrer dans notre langue. Ainsi d’ailleurs qu’une autre création platonicienne injustement oubliée, la « théâtrocratie », qui pourrait sans doute retrouver vie et sens dans notre monde contemporain parfois analysé comme une « société du spectacle ». La théâtrocratie correspond à ce stade d’évolution de la démocratie où tout le monde se croit compétent sur tout et sans avoir rien appris, au théâtre d’abord, dans les autres domaines ensuite. Chacun acquiert alors une assurance qui se transforme bientôt en impudence, refuse toute autorité, finalement cherche à désobéir aux lois, ne supportant plus ni serment ni engagement (Lois III, 701, A-D).

J’ose espérer que les langues anciennes ne sont pas vouées à inexorablement disparaître sous le fallacieux prétexte qu’on ne les utilise guère plus) car c’est, au contraire, un formidable exercice intellectuel que de s’essayer à la version ou au thème. Et c’est bien le message en filigrane qui nous est transmis avec ce petit ouvrage, pas du tout rébarbatif – même quand on aborde les verbes (avec les subtilités de leurs voix, leurs modes et leurs temps sur lesquels plus d’un élève s’est cassé les dents) – et qui donne un rapide panorama qui poussera les plus curieux à aller plus en avant pour satisfaire leur curiosité sur la Toile, ce qu’elle suggère habilement dès les premières pages :

En effet, la rapidité avec laquelle l’enseignement du grec s’est répandu tient en partie à l’imprimerie (…). On peut se demander si la « révolution numérique » et la diffusion d’Internet auront, avec le temps, les mêmes effets… Cela n’en a pas encore pris le chemin, mais rien n’empêche d’espérer, ni de suggérer…

Coup de cœur indispensable qui devrait avoir sa place dans toute bibliothèque digne de ce nom !