Remember : c’étaient les années 90, Depeche Mode toussa (je rappelle pour les moins jeunes de mon lectorat, sait-on jamais…). Le bon vieux temps, celui de l’insouciance…
Plus qu’une chanson, une philosophie ? So, Enjoy the silence…
Remember : c’étaient les années 90, Depeche Mode toussa (je rappelle pour les moins jeunes de mon lectorat, sait-on jamais…). Le bon vieux temps, celui de l’insouciance…
Plus qu’une chanson, une philosophie ? So, Enjoy the silence…
Triste actualité oblige, encore un sujet d’actualité. La Minute Musicale est consacré à Alain BASHUNG qui nous a quitté aujourd’hui à l’âge de 61 ans, d’un cancer des poumons.
Je parlerai pas de sa vie, ni ne ferai de nécrologie, les journaux s’en chargeront bien mieux que moi. Juste de ma découverte du sieur. Bien modestement.
Alain BASHUNG, c’est un des premiers artistes majeurs dont j’ai eu connaissance, ou plutôt dont j’ai pris conscience grâce au TOP 50 sur Canal Plus (y’avait aussi Queen, et Benny B, par exemple, mais ça c’est une autre histoire…). Avec un clip mythique : Osez Joséphine[1]… j’irai pas jusqu’à dire que j’en rêve encore ni que les draps s’en souviennent, mais je me rappelle que cette demoiselle m’a fait connaître mes premiers émois de pervers, ou de – très – jeune homme (mais pourquoi diable n’en voit-on pas plus ?!!).
Forcément ça marque, et les paroles se sont imprimées dans mon cerveau sans que je m’en rende trop compte. Et elles le resteront ad vitam aeternam, ainsi que le clip…
Puis le temps passa, jusqu’à : Ma petite entreprise…
Encore une chanson qui pénétra facilement et inconsciemment les replis de mon cortex. D’autant plus facilement qu’elle serait une métaphore de son activité sexuelle paraît-il ? Allez savoir… Que de souvenirs… Qu’elle me semble déjà bien loin ma jeunese… et pourtant….
Mais c’est surtout avec ses Fantaisies militaires que j’ai véritablement découvert l’artiste (avec les premières chansons, et Vertiges de l’amour et tout et tout…). L’âge étant de la partie aussi, sûrement… Ah ce que j’ai pu l’écouter en boucle à l’été 2005, surtout La nuit je mens…
Ensuite, je l’ai écouté périodiquement – oui, bien souvent je fonctionne par phase : tantôt GAINSBOURG pendant plusieurs jours de suite, puis plus rien, puis Chet BAKER, puis rien de nouveau jusqu’à Bénabar, et ensuite La marche funèbre de CHOPIN ou le requiem de MOZART – ce qui agace bien souvent toute personne normalement constituée qui sature bien vite ; pas moi.
Enfin, il y eut l’ultime opus : Bleu pétrole. Je regrette de ne pas en avoir parlé auparavant, car il m’a littéralement scotché, et je l’ai écouté en boucle pratiquement de longues journées durant. Surtout à cause de Résidents de la république et sa sublime faute de français :
Un jour je courirai moins
Jusqu’au jour où je ne courirai plus.
Elle en a fait hérisser des cheveux. Pas les miens. La licence poétique excuse tout ! Et puis c’est tout !
Et aussi de sa version de Suzanne (originellement interprétée par Leonard COHEN et qui est tout aussi sublime). Envoûtante à souhait. Dont je ne me lasse pas.
Ce soir et pour bien d’autres encore, t’es entre SCHUMANN et STRAVINSKI, avec GAINSBOURG et pas mal d’autres encore. Ça doit être ça la belle vie, qui sait ?
Ciao l’artiste.
[1] je ne suis pas si vieux que ça pour avoir connu son premier grand succès : Gaby
Et cette fois c’est du sérieux !!! On en parle un peu moins (pensez donc, ça fait près de 4 mois qu’il pourrit derrière les barreaux, autant dire plus qu’une éternité à l’ère de l’information à grand spectacle jetable), mais moi ça me révolte toujours autant[1]!!!
Mais quoi donc enfin ??? la détention arbitraire et largement injustifiée – ou si peu justifiée… – de Julien COUPAT, dangereux terroriste tendace anarcho-autonome (Rappelons quand même que lui et ses copains ont été arrêtés car soupçonnés de pré-terrorisme. La subtilité de ce terme m’échappe toujours, et je pense que même ORWELL dans son 1984 n’en aurait pas rêvé, mais ne l’aurait pas renié non plus.) qui a tué des milliers des centaines des dizaines quelques aucune personne !!! Tout au plus est-il coupable (même s’il reste à le prouver) d’avoi retardé quelques centaines de voyageurs, la belle affaire !!!
Donc, près avoir inventé le terrorisme, la France invente le terroriste qui ne terrorise pas ni ne tue : en un mot, c’est le « taliban cool » comme l’ont bien vite compris les Guignols de l’info. Mais trêve de plaisanterie, le sujet est suffisamment grave comme ça, et d’après le Figaro[2], tout allait être réglé vite fait bien fait, preuve ADN à l’appui. Sauf que depuis, ça a fait pschiiit comme dirait l’autre…
L’affaire était pourtant bien ficelée : ce dangereux groupe qui tenait conférences et réunions secrètes dans l’épicerie du village (!!!) était filé depuis quelques temps par la brigade anti-terroriste, qui avait ainsit pu amasser nombre d’éléments à charge contre eux. Tellement d’éléments qu’aucun n’a filtré. Pour une fois le secret de l’instruction est bien gardé…
De plus j’apprends – grâce au monde – que le dangereux Julien COUPAT (faut-il désormais le représenter avec un couteau entre les dents prêt à enlever un innocent enfant d’un grand patron du CAC 40 pour le séquestrer puis l’égorger afin qu’il expie pour la faute du paternel de se faire du fric sur le dos d’autres petits enfants innocents également, car c’est un terroriste rouge dans la pure tradition léniniste semble-t-il ?), non content de vouloir mener une autre vie que celle magnifiée par notre société d’abondance et de (sur-)consommation, ne possédait pas de téléphone portable afin de rendre plus difficile le suivi de ces conversations. Alors là, franchement, j’ai cru rêver. J’ai dû relire la phrase et même me pincer. Ainsi, en ce début de triste XXIème siècle, le jeune qui n’a pas de GSM[3] est déjà louche… Pis que celui qui deale du shit en bas de l’immeuble près du bureau de poste et qui peut être largement pris en flagrant délit ? Que celui qui te casse les oreilles et les c*** avec son scooter trafiqué et qui s’amuse à faire des allers-retours dans son « domaine » ?
Oui, pire que ceux-là. Pire que bon nombre de citoyens lambda, sans défense, qui se retrouveront en garde-à-vue, eux, car faut faire du chiffre[4] mais je m’écarte du coup de gueule du début.
Donc, voilà un nouveau fiasco judiciaire en vue. Après Outreau. Avec problablement celui d’Yvan COLONNA[5].
Ce soir, Julien COUPAT, pseudo-terroriste d’extrême gauche, dort encore en prison car sa demande de remise en liberté a été rejetée. Son seul tort – révélé pour l’instant – appartenir à une cellule secrète dont on a aucune preuve de l’existence, car, justement, elle sait trop bien garder son secret… Et d’avoir été aperçu avec sa compagne non loin du lieu de sabotage d’une voie ferroviaire. A part ça, rien. Aucun mort sur la conscience.
Elle est belle la présomption d’innocence en France.
Sick sad world…
[1] pourquoi alors n’en avoir pas parlé avant ? me demandera-t-on. Réponse par un anglicisme : la procrastination, toussa toussa…
[2] faudrait que je retrouve l’article tiens
[3] les Réunionnais me comprendront
[4] tiens, ça me rappelle la philosophie d’un ancien ministre de l’intérieur…
[5] condamné avant même d’être jugé par le même ministre cité plus haut, qui est avocat de formation et a fait des études de droit…
Où l’on tente de faire la critique d’une bande-dessinée (si même Fashion Victim le fait, alors pourquoi pas moi ?)
Pour celles et ceux qui auraient raté l’épisode précédent, je reprends le pitch, comme dirait l’homme en noir. Gran Torino, c’est l’histoire d’un retraité de l’Amérique profonde (même si l’histoire se déroule à Détroit) un peu carrément raciste sur les bords et qui vit encore dans les années 50, comme pensent ses fils : il regrette l’ancienne grandeur des Etats-Unis, et ne supporte par exemple qu’un de ses enfants roule en Nissan (lui qui a travaillé pour Ford). Sans compter que c’est un des derniers WASP – oui, je sais, il est catho, mais on me comprendra – et vétéran de la guerre de Corée de surcroît, du quartier ; celui-ci étant de plus en plus habité par des Asiatiques Hmongs.
Hmongs ? Kezaco ? – et c’est sûrement ce qui me tient le plus à cœur dans le film – car le détail a son importance, et ce ne sont pas de « simples » asiatiques comme je l’ai trop souvent lu. Heureusement y’a Libé – dont on ne manquera pas de saluer l’originalité du titre de l’article, comme bien souvent – et Les Inrock pour informer brièvement que cette ethnie sans pays fixe (à cheval sur le Laos, la Chine, et le Vietnam) après avoir aidé les Français contre les Vietnamiens lors de la guerre d’Indochine, puis les Etatsuniens contre les Vietcongs, est encore actuellement pourchassée – voire exterminée – dans la plupart des pays du Sud-Est Asiaitique susmentionné (auxquels il faut rajouté la Thaïlande)… Du coup, beaucoup de ces montagnards – peuple des collines comme dit, Sue, la sœur du second personnage principal, Thao, et non pas de la jungle comme le croit KOWALSKI, et sûrement pas mal de spectateurs – ont dû fuir, aux USA et en Guyane essentiellement (mais on en trouve aussi en France hexagonale).
Voilà, la minute culturelle passée, revenons en au film proprement dit.
Manque de bol pour Walt, sa voiture, la fameuse Gran Torino du titre, attire pas mal de convoitise. Dont celle de son jeune voisin, Thao, qui essaye de la lui voler pour intégrer un gang, plus ou moins contre son gré… Bien évidemment il échoue, mais son cousin veut qu’il intègre le gang absolument, au désespoir de sa soeur et de sa mère, qui tentent de s’y opposer. En vain… jusqu’à ce que ça dégénère sur la pelouse de Walt qui ne tolère pas « rats des marais » comme il les appelle affectueusement, et les menace de son fusil. Il n’en faut pas plus pour qu’il devienne aussitôt le héros du quartier. Qui le lui rend bien (« c’est bien les Hmongs ça de donner autant de ce genre de cadeaux – de la nourriture et des fleurs, en guise de remerciement – » dixit ma douce et tendre, qui m’a traduit deux ou trois petits trucs qui ne l’étaient pas aussi ^___^). De plus, la soeur et la mère de Thao insistent pour que ce dernier paye sa dette. Commence alors une histoire d’amitié que nul n’aurait jamais soupçonné, à commencé par Walt, même s’il reconnaît très vite qu’il a « plus en commun avec ces rats des marais qu’avec ses propres fils » (à commencer par le respect envers les aînés dont ses petits-enfants sont incapables même à l’enterrement de leur grand-mère…). Ainsi, Thao devient-il un fils de substition qu’il prend sous son aile, car il sent qu’il pourra faire de grandes choses…
Mais c’est sans compter sur le gang, qui veut avoir le dernier mot… Sauf que le Walt, c’est le genre à résoudre les problèmes, comme il dit : The right man in the right place…
OK. le film est on ne peut plus conventionnel, les ficelles sont grosses (dès le début, il grogne comme un chien à qui on aurait pris son os, même que ça en devenait irritant, mais c’est parce que le personnage devait l’être, tout simplement), tourné de manière académique, sans aucune nouveauté, mais quand bien même on se doute de la fin, on ne peut s’empêcher de penser : « non, putain, il va y avoir un truc, ça peut pas finir comme ça, c’est Clint EASTWOOD quand même !!! » Eh bien justement, c’est Clint EASTWOOD, il a pris de l’âge, la sagesse est là, et son personnage paye pour ce qu’il a fait en Corée, et surtout permet d’éradiquer une sale vermine pour qu’un gosse dont il ignorait tout, même si c’était son plus proche voisin, puisse s’en sortir, parce qu’il a encore des valeurs (il aide cette vieille femme qui a trop de courses) dans ce monde de plus en plus égoïste et superficiel où tout va à vaux-l’eau.
Franchement un très beau film, qui m’a tiré une petite larmichette, saleté de poussière dans l’oeil – et je ne suis pas le seul, visiblement !!! à deux reprises en plus !!! pfiou !!! n’empêche j’irai soit le revoir soit le prendre en DVD.
Ce soir, y’avait Les Virtuoses sur Arte. Je voulais revoir le début, car j’avais bien aimé le film la première fois que je l’avais vu, mais surtout car leur Concierto de Aranjuez m’avait donné des frissons…
Et bien, quelques années plus tard, j’ai ressenti les mêmes frissons – ou presque !!! – et je ne m’y attendais pas. Du coup, je me dis qu’il faut peut-être faire partager un tel chef d’oeuvre. Malheureusement, je n’ai pas trouvé cette version sur deezer… Du coup, je vous en mets trois pour le prix d’un (les cordes en moins, car dans le film c’est un orchestre à base de cuivres essentiellement) :
Après ça, je ne tolérerai plus qu’on me dise que c’est une musique de Michel SARDOU !!! (Et dire qu’après on essaye de dénigrer GAINSBOURG en le traitant de pilleur de génie (cf. un article de rue89 dont je n’ai pas noté les références) parce qu’il s’est inspiré de a réactualisé CHOPIN pour Lemon incest par exemple…)
Addendum 07/03/2009 : grae à Qifen, voilà un extrait du morceau original – du film, j’entends :