LOST S05

Je ne pensais pas traiter de la série avant de l’avoir visionnée dans son intégralité, mais elle commence si fort que je me sens obligé d’en parler dès le premier quart – à un gros epsilon près[1]. Et encore, ai-je dû me faire violence !!! car ce n’est pas l’envie d’enchaîner sur S05E07 qui me manquait !

On se souvient qu’à la fin de la saison S04, six rescapés (Hurley, Jack, Kate, Sayid, Sun et Aaron, le bébé de Claire) ont réussi à s’en sortir officiellement (les autres restant coincés sur l’île qui… disparaît tout simplement et tout bonnement grâce à un mécanisme enclenché par Ben). Sauf que j’avais mal interprêté cette disparition – et je mets ma main à couper que je n’étais pas le seul dans ce cas. En effet, une île qui se déplace dans l’espace, c’est un peu gros, même pour une série qui oscille entre la SF et le fantastique ! En réalité, l’île semble se mouvoir dans… le temps ! (quand je vous disais que ça démarrait fort !) D’où l’originalité de cette saison par rapport aux précédentes, et qui permet d’apporter un peu de « sang neuf » dans la structure narrative : les sauts dans le temps intempestifs (pour faire simple, on nous suggère l’image du disque qui saute sur un tourne-disques…). Lesquels permettent de lever petit à petit le voile sur l’intrigue centrale et quelques personnages (comme Charles WIDMORE – pourquoi veut-il à tout prix localiser l’île et exterminer ses « autochtones » ? – , Richard ALPERT ou encore Danielle ROUSSEAU – comment est-elle arrivée sur l’île ? Était-elle déjà enceinte ? …) sans toutefois faire perdre à la série de son mystère : qui diable est donc cette énigmatique Eloise HAWKING ? La mère de Danier FARADAY, certes ; mais encore ?

D’autant que celui-ci semble avoir déjà été présent sur l’île auparavant (si le premier épisode ne vous accroche pas déjà, je ne sais pas ce qu’il vous faut !). Mais alors, quel rôle a-t-il eu ?

Cette construction scénaristique par analepses et prolepses habilement entremêlés s’avère on ne peut plus astucieuse pour disséminer des indices (comme on l’a vu précédemment avec quelques personnages) ou surtout pour susciter des interrogations – ainsi, lorsque SAWYER et les autres survivants découvrent l’épave d’un autre avion d’Air Ajira (s’est-il écrasé avant eux ? Après ? Y a-t-il eu des survivants ?) qui nous poussent à attendre fébrilement les prochains épisodes !

D’ailleurs, pour ma part j’y retourne et m’excuse de cette entrée en matière pour le moins bâclée, mais il y aurait tant à dire !!! et je ne tiens – hélas – pas un blog spécialisé sur LOST : j’essaye simplement de partager un coup de coeur ^___^. Je vous tiendrai au courant de la suite des évènements dès que possible.

Notes

[1] la saison compte 17 épisodes

L’Icône

L'Icône Pour ma seconde participation à l’opération Masse critique de Babelio, je me suis vu attribué L’Icône de Gary van Haas. Pas un de mes premiers choix certes, mais l’histoire avait l’air assez intéressante : un peintre est engagé contre une grosse somme d’argent pour reproduire une mystérieuse icône en Grèce qui semble intéresser pas mal de monde…

L’idée de départ est bonne, mais d’un « journaliste d’origine américaine qui collabore régulièrement avec des quotidiens et des magazines du monde entier », j’en attendais mieux. Beaucoup mieux même ! Car, depuis L’Acte d’amour, je n’avais rien lu d’aussi insipide et médiocre ! Mais reconnaissons au moins au présent ouvrage une qualité : montrer ce qu’il ne faut surtout pas faire si on veut écrire ! Sauf à écrire pour le cinéma, parce que j’avais la désagréable impression d’avoir entre les mains l’adaptation littéraire d’un film (même si c’est le contraire : « le roman sortira sur les écrans à l’automne 2009 avec Pierce Brosnan et Catherine Zeta-Jones en tête d’affiche », ne manque pas de préciser la quatrième de couverture). En effet, on a droit à la totale : une super scène d’ouverture avec duel à l’escrime (qui en jetterait au ciné à n’en pas douter, mais qui, moi, m’a freiné sec dès le début ! sans oublier la description de la voiture, dont on se passerait bien, dès la page 18… Mais après avoir lâché Duel en enfer, je me devais de poursuivre – également pour honorer mon contrat moral.

Et ce fut pour le moins laborieux… passons les fautes de ponctuations ou les coquilles un peu trop nombreuses, de même que l’écriture aérienne, et tentons de nous concentrer sur le fond. Avec par exemple cette description on ne peut plus fade et académique :

Ce fut à cet instant que Linda entra en scène. Vision enchanteresse, toute de blanc vêtue, majestueuse avec sa jupe courte qui accompagnait ses mouvements en souplesse. Dans cette lumière, elle paraissait plus bronzée, ses cheveux étaient plus noirs que dans le souvenir de Garth, et les bijoux qu’elle portait auraient rendu Ivana Trump jalouse. Il prit la main qu’elle lui tendait, dans un scintillement des bracelets de son poignet, et l’entraina au sous-sol, dans un coin calme où ils pourraient parler.

Voilà ce qu’il faut supporter tout au long du livre. Jusqu’à la fin j’ai pensé me tromper (un de ses amis peintres après avoir été engagé pour reproduire la même icône a sombré dans la folie et est mort ; on aurait gagné à creuser un peu plus de ce côté là je pense), mais rien n’y a fait. Bien entendu, qui dit Grèce, dit trésor enfoui, et donc notre héros ira plonger pour déterrer quelques amphores avec des compères et ainsi se faire quelques sous en plus (même si l’idée ne vient pas de lui il finit par céder). Mais surtout qui dit mystérieuse icône dit… templiers, secrets, prieuré de sion et tutti quanti !!! rien de nouveau sous le soleil en somme (encore que, rendons à César…, le livre date de 1985 – et on comprend mieux l’allusion à Ivana Trump – bien avant le Da Vinci Code donc, mais le ressortir ne peut que pousser au rapprochement et à… l’overdose. Car bien évidemment, Jésus n’a jamais été crucifié, pensez donc. La preuve : un manuscrit de la Mer Morte caché au dos de l’icône qui dévoilerait au monde la terrible vérité s’il venait à tomber entre de mauvaises mains (comme celles de nazi par exemple…). Heureusement le Vatican veille, quitte à s’associer avec les Israéliens qui ont des soldats de charme (après Ziva David dans NCIS, vous ferez la connaissance de Linda Zeta-Jones ; tout un programme…).

La prochaine fois, je ne me laisserai plus piéger par la première de couverture qui doit bien être la seule réussite de ce bouquin : la fameuse icône à moitié déchirée laissant apparaître le squelette d’un crâne ! Si vous avez envie de vous dépayser en Grèce, je conseille plutôt Le Mage de John FOWLES.

L’Enigme de la porte Rashomon

L'Enigme de la porte Rashomon Le défi littérature policière sur les 5 continents aura au moins eu l’avantage de me faire découvrir un nouvel auteur et un nouvel univers dans lequel je prendrai plaisir à me replonger très prochainement (au moins pour lire le premier tome) et régulièrement (car je ne pense pas avoir la patience d’attendre les traductions…). J’espère que d’autres me combleront également, mais ça faisait bien longtemps que je n’avais pas été à ce point enthousiasmé !!! A tel point que j’ai fini le livre en moins d’une petite semaine (alors que je n’ai pas réussi à lire le tiers de Duel en enfer en un mois, même si l’histoire a priori me plaisait bien. Mais là n’est pas la question). Car I.J PARKER (auteur allemand de langue anglaise) a réussi à réunir trois de mes passions (voilà un bien grand mot, mais c’est ce qui s’approche le mieux), à savoir : je Japon (en réalité l’Asie en général), l’Histoire (l’action se déroule au « Moyen-Age ») et bien-entendu le roman policier. Voilà qui pouvait donc difficilement me déplaire.

Par contre, si on se fie à la seule intrigue, on risque d’être un peu déçu. Jugez vous-mêmes. Sugawara Akitada est un jeune fonctionnaire du Ministère de la justice qui s’ennuie ferme aux archives. Aussi saute-t-il sur l’occasion lorsque son ancien professeur lui demande de d’enseigner quelques temps à l’université afin d’enquêter sur une sombre affaire de chantage (un enseignant aurait permis à un étudiant médiocre de terminer premier et donc d’être assuré d’avoir un bon emploi au détriment d’un autre plus doué qui le méritait, lui, vraiment et qui se serait suicidé par la suite…). Une affaire qui sera résolue assez rapidement et assez simplement semble-t-il. Pas de quoi casser trois pattes à un canard, donc. Sauf que les morts bientôt s’accumulent et l’enquête deviend de plus en plus risquée, car il est des secrets qu’on est prêt à cacher, coûte que coûte !!! Sans compter qu’à la manière d’une enquête du juge Ti, d’autres énigmes viendront s’ajouter à la première et qu’il faudra à notre jeune héros pas mal de sagacité pour démêler l’odieuse machination d’un seigneur prêt à tout pour devenir plus riche et plus puissant.

Si on ajoute à tout ça une pincée d’histoire romantique (en effet, Akitada va-t-il épousé la fille de son ancien professeur qui ne le laisse pas indifférent ? L’affaire semble mal engagé car si l’union satisferait son père, la demoiselle, elle, ne se montre pas particulièrement intéressé par l’arrangement ; et la mère d’Akitada non plus ne voit pas ça d’un bon oeil : qu’elle soit une épouse secondaire à la rigueur, mais la principale ? Ce ne serait pas honorer la famille ! Voilà peut-être un des rares bémols du roman, car on a l’impression qu’on a calqué la psychologie féminine contemporaine. Je me trompe peut-être, mais est-il envisageable à l’époque de désobéir à son père et de refuser un mariage « arrangé » ? C’est d’autant moins sûr que la jeune fille n’apparaît pas comme une forte tête…), on obtient un roman vraiment réussi qui ne devrait pas décevoir. En tout cas, c’est mon coup de coeur du moment, et j’ai hâte d’en lire un autre de la série !

En bonus, une petite citation du livre, on ne peut plus d’actualité, à méditer :

Nos moeurs ont décliné à mesure que nos quêtes esthétiques devenaient de simples jeux pour les femmes et les enfants. Les quelques poètes dignes de ce nom ensemencent en vain le sol stérile de l’indifférence générale.

NCIS S06

NCIS est une des rares séries – avec LOST et HEROES – dont j’attends la nouvelle saison avec impatience depuis 2 ou 3 ans. D’autant plus cette fois, que la fin de la S05 nous laissait sur un suspense insoutenable : GIBBS, sous les ordres d’un nouveau directeur, Leon VANCE, devait former une nouvelle équipe !!! Qu’allait donc devenir l’ancienne ??? On se doutait bien qu’on n’allait pas en finir aussi facilement avec DiNOZZO, McGEE et Ziva DAVID, mais quand même on j’appréhendais le premier épisode de cette sixième saison.

Et je dois dire que je n’ai pas été déçu ! Car ça démarre sur les chapeaux de roue niveau action (Ziva manque de mourir dans un attentat), et nous plonge dans ce qui semble être la trame principale quoique en filigrane (comme les précédentes saisons) de ce nouveau cru : on cherche à coincer un espion qui s’est infiltré au NCIS…

Le premier gros quart est assez inégal, avec des hauts (S05E04 sur la jeunesse de GIBBS ou encore S05E06 qui est bien mené, avec ce qu’il faut de suspense et de rythme, même si on a une grossière traduction latine qui frôle le contresens [1]) mais surtout des bas (E07 qui n’est qu’une banale enquête policière suite à un vol dans une banque de Quantico, ou même dès E03, on a un épisode bien trop prévisible et décevant avec une sombre histoire d’adultère commise par un homme politique…).

Je ne vais pas poursuivre une étude approfondie des épisodes de toute la saison, mais je dirai qu’elle est aussi réussie que les précédentes (même si la trame principale s’achève bien vite, dès avant le milieu de la saison, et qu’elle est un peu trop vite menée à mon goût), avec un leitmotiv ou plutôt un fil conducteur subtile : la relation parents/enfants et surtout fille/père qui donne encore un peu plus d’humanité à un GIBBS toujours aussi taciturne et secret (qui a perdu la sienne, rappelons-le pour ceux qui prennent la série en court de route). D’ailleurs, il se pourrait qu’il se découvre un fils caché, dont il ignorait l’existence jusqu’à présent. Mais n’en disons pas plus !

Quant aux autres protagonistes, Ziva et Tony sont de plus en plus proches (ce dont on se doutait depuis un moment déjà), rien de très original en somme. Ducky et Palmer sont toujours égaux à eux-mêmes. Encore qu’on découvrira que le Dr. MALLARD a un passé bien sombre… De là à l’imaginer tortionnaire ? Encore une fois, évitons de trop en dévoiler. De même qu’Abby, bien qu’elle semble de moins en moins sur ses gardes, ce qui aura de fâcheuses conséquences pour l’équipe… Mc GEE quant à lui redeviendra un enfant lors d’un déplacement à L.A (qui permet de mettre en scène la nouvelle équipe de NCIS : Los Angeles – rançon du succès, le spin-off a droit lui aussi à son spin-off) qui n’a qu’une envie : avoir les mêmes jouets que cette équipe de la côte ouest très portée sur les nouvelles technologies et la hi-tech (ce qui donne quelques scènes « futuristes » à la Minority Report).

Bref, un très bon cru, que je conseille assez. D’autant qu’à la fin, special agent DAVID ne rentre pas au NCIS, mais reste au Mossad… (faut dire que y’a eu des bisbilles entre elle et Tony, à cause de son fiancé… finalement, sans entrer dans les détails, DiNozzo l’a abattu.) Sûrement pas pour le meilleur, car on la voit prisonnière d’islamistes qui s’intéressent au NCIS…

Notes

[1] en effet, traduire primitus victor par… première victime !!! traduttore, traditorre !!! comme vitupérait ma prof de latin au lycée