Quartier lointain

Quartier lointain N’étant pas un amateur éclairé de manga (ni de BD en général) j’ai longuement hésité avant de me lancer dans la rédaction de cet article (ce qui explique aussi pourquoi j’ai laissé sous silence pas mal d’œuvres comme Courtney Crumrin ou encore une version pour le moins originale de Pinocchio…). Mais puisqu’il faut un début à tout, allons-y !

Quartier lointain, j’en ai entendu parler la première fois dans L’Elegance du hérison me semble-t-il ou alors je l’avais déjà vu à la FNAC y’a pas mal d’années déjà… Mais l’envie véritable de le lire n’a jamais été trop prégnante. Peut-être parce que trop habitué à lire des mangas « en série » et aussi parce que ce format était inhabituel pour moi (ni celui d’un manga comme on a l’habitude d’en voir, ni celui d’un album « classique », plutôt celui d’un comic comme Watchmen). Et la quatrième de couverture n’arrange rien :

Mon corps ! Il était plus léger !
J’ai perdu l’équilibre et me suis retrouvé par terre…
Qu’est-ce que je fiche avec un uniforme d’écolier ?
Et des baskets … ?
Hein ? C’est… C’est absurde !
J’avais l’impression d’avoir maigri…
J’étais plus petit aussi…
Je… Je rêve ou quoi ?

Rien de bien palpitant ni qui exacerbe la curiosité… Sauf que j’aurai dû ouvrir le livre car ce qu’on y lit sur le rabattant est plus accrocheuse :

Qui n’a jamais rêvé de retourner en enfance ? C’est exactement ce qui arrive à cet homme d’âge mur, qui de retour d’un voyage d’affaires, fait un détour involontaire par sa ville natale. Profitant de l’occasion pour se recueillir sur la tombe de sa mère, il est alors projeté dans le passé. Il y vivra un morceau de son enfance, tout en gardant son caractère et son expérience d’adulte. Pour la première fois, il verra ses parents avec le regard de quelqu’un à même de les comprendre.

D’autant plus que le héros, le jeune Hiroshi, est particulièrement attachant, qui accumule les gaffes et a dû mal à se comporter en adolescent de 14 ans.
Ce voyage dans le temps s’il a de bons côtés (dans cette nouvelle jeunesse, il est plus doué intellectuellement et physiquement) lui permettra surtout de découvrir le passé de ses parents. Passé qu’il ignorait ou plutôt qu’il « soupçonnait mal ». Connaissant alors le futur mais aussi ce passé sous un nouveau jour pourra-t-il modifier le cours de l’histoire et empêcher son père de les abandonner ? Ou plutôt influencer son histoire à lui en se rapprochant de sa famille et de ses enfants – car sa carrière de salaryman avait tendance à les en éloigner ? Je n’en dis pas plus et espère vous avoir donné le plaisir de le découvrir par vous-même.

Où il est question d’un nouveau challenge

De quoi s’agit-il cette fois ? Le titre devait être un bon indice : challenge ABC critiques.
On ne voit toujours pas ? Le principe est pourtant simple :

- 26 lettres de l’alphabet
- 26 auteurs à choisir
- 26 critiques à écrire

Car Babelio est parti d’un constat qui n’aura échappé à personne :

(il existe) une incroyable discrimination patronymique qui favorise ou entrave le parcours des écrivains sur le simple critère de leurs initiales.

Voilà un véritable challenge dans la construction de la liste, déjà, car si certaines lettres sont faciles à combler, d’autres sont plus ardues (la pire étant surement le X car je n’ai trouvé qu’un auteur…). Et surtout 26 bouquins à lire en un an, soit 2 en moyenne par mois, pour un lecteur moyen comme moi, c’est pratiquement une gageure ! Mais je relève le défi qui me permettra à la fois de lire de nouveaux romans de certains auteurs que j’apprécie déjà mais surtout de découvrir beaucoup de nouveaux (dont pas mal que j’avais en tête déjà) !

Voici donc ma liste :

    A comme ABDULLAH Achmed
    B comme BINET Laurent
    C comme COHEN Albert Blaise CENDRARS
    D comme DOSTOIEVSKI Fedor
    E comme ENARD Mathias
    F comme FRAYE Eric
    G comme GRACQ Julien
    H comme HOUELLEBECQ Michel
    I comme ISHIGURO Kazuo
    J comme JOYCE James
    K comme KIRINO Natsuo
    L comme LEVY Bernard-Henry
    M comme MABANCKOU Alain
    N comme NATSUME Soseki Malla NUNN
    O comme OGAWA Yoko
    P comme PYNCHON Thomas
    Q comme QUEEN Ellery
    R comme ROTH Philip ROHMER Sax
    S comme SARTRE Jean-Paul
    T comme TEULE Jean
    U comme UPDIKE John
    V comme VARGAS Fred
    W comme WERNER Bernard
    X comme XINRAN
    Y comme YAMADA Futaro
    Z comme ZOLA Emile ZWEIG Stefan

Et rendez-vous tout au long de l’année (enfin jusqu’au 10 septembre 2011) pour savoir si j’ai eu le plaisir de faire d’agréables découvertes ou pas.

Les Travers du docteur Porc

Les Travers du docteur PorcAprès le polar historique chinois (cf. les enquêtes du juge Ti) et le japonais (cf. les enquêtes de Sugawara Akitada), je me lance dans le petit cousin vietnamien. Encore une fois je ne peux que chaleureusement remercier le défi littérature policière sur les 5 continents pour cette agréable découverte !

Mais peut-être n’ai-je pas commencé par le bon car, dans ce livre, on n’y suit pas les aventures du mandarin Tân (qui est à TRAN-NHUT ce que le juge TI est à Frédéric LENORMAND ou à Robert VAN GULIK) mais celle du docteur Porc qu’il a choisi pour rendre la justice parce qu’il est appelé hors de sa province. Et celui-ci ne va pas tarder à être confronté à une bien étrange affaire : un homme, après avoir passé une folle nuit d’amour avec une femme, se réveille avec ce qui a tout l’air d’être le cadavre de cette dernière à ses côtés… S’il se doute bien qu’une telle décomposition ne peut avoir lieu aussi rapidement, le médecin aura bien du mal à dénouer tous les fils d’une énigme dont les fils ont été noués il y a plusieurs années déjà car nombreux sont ceux qui tentent de lui mettre des bâtons dans les roues pour garder cette affaire secrète… Et s’il n’y avait que ça ! Car, il devra en plus affronter un docteur sikh pour s’attribuer un cabinet idéalement placé en ville, dans lequel il pourra mettre à profit toute sa science pour ce qui s’annonce comme les prémices de la chirurgie esthétique :

Non, ce qu’il lui fallait, c’étaient des consultations d’un genre spécial, nombreuses et lucratives, des examens payés rubis sur l’ongle par une population prête à dépenser des cents et des mille sans y regarder à deux fois. Le docteur Porc se frotta ses petites mains potelées à l’évocation de cette manne à visage de femme, dont les désirs étaient connus et immuables : beauté et jeunesse, à toute heure et à tout prix.

Ce qui fait le charme de ce roman et qui m’a véritablement plu en dehors d’un dépaysement total pour moi (en effet, ce n’est que le second roman vietnamien que je lis et je connais pas du tout l’histoire de ce pays) c’est, non seulement, l’alliance de l’humour – pas toujours fin – du docteur pachydermique et du côté historique (si on peut douter de la possibilité d’un premier implant mammaire au 17ème siècle, force est de constater en lisant l’appendice que théoriquement l’opération aurait pu être réalisée ; on appréciera également l’éclairage mis sur les guerres de religion indiennes notamment contre les sikhs, ce qui montre malheureusement que les Hommes se ressemblent bien souvent en mal quelque soit leur origine…), mais surtout la truculence de la langue et des maximes orientales qu’on méditera à loisir, comme :

les femmes sont comme des macaques : lorsqu’elles ont saisi une nouvelle branche, elles ont vite fait de lâcher l’ancienne.

Les vacances sont déjà finies depuis peu mais voilà un roman que je conseille fortement si on a un peu de temps devant soi, et qui devraient même ravir qui n’est pas spécialement fan de polar.

LMM #19

Parce que le week-end, on décompresse, et Richard GOTAINER (qui reste un génie trop méconnu de la rythmique de la langue française) met de bonne humeur ! So, enjoy !



Et en bonus, pour le plaisir des oreilles et parce que ça me fait penser à un détournement, du temps glorieux du Vrai Journal, qui avait avoir avec un certain Oussama… :


Sailor et Lula

Après avoir lu dans le Cabinet de lecture de rue89 que l’auteur mettait un terme à la série des Sailor et Lula, je me suis dit qu’il était plus que grand temps que je vois enfin ce qui est considéré comme un des chef d’œuvres de David Lynch ! Enfin que je vois un David LYNCH tout court pour parfaire ma culture cinématographique (je ne compte pas Twin Peaks parce que je pense qu’il faut le voir au moins deux fois avant de pouvoir en parler, tant il m’est apparu obscur et abscons… Ou alors je l’ai vu trop jeune, allez savoir…)

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La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette

Souvenez-vous (si contrairement à moi vous n’avez pas lu la trilogie d’une seule traite), on avait laissé Lisbeth Salander aigrie mais avec pas mal de millions volés sur des comptes en banque bien planqués dans des paradis fiscaux. Mikaël quant est sollicité de tous les côtés pour donner des interviews, tout auréolé de son récent succès.

Si, encore une fois, la première partie est plutôt « poussive » côté intrigue (en dépit d’un démarrage sur les chapeaux de roue avec Lisbeth qui échappe de peu à une tempête dévastatrice sur une île), on est, tout de même, d’emblée plongé dans le bain puisqu’on nous parle d’une jeune fille qui rêve d’allumette et de bidon d’essence parce qu’elle est attachée à un lit sans aucune possibilité de bouger et qu’un homme la contemple en prenant un certain plaisir. Ambiance…

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