C’est l’histoire d’une… oie blanche qui venait d’Afrique

Loin de moi l’idée de surfer sur le ramdam (buzz pour ceux qui manquent cruellement de vocabulaire) du moment, mais après mon précédent article sur ce qu’il convient d’appeler « l’affaire DSK », difficile de faire autrement. Inutile de vous rappelez ce qu’on n’avait pas dit alors il y a un peu plus d’un mois. Je ne ferai que quelques remarques.

On ne se rend pas encore compte de l’impact néfaste qu’ont eu les séries américaines sur l’imaginaire collectif ! Il faudrait commencer à sérieusement désacraliser l’ADN ! Il ne suffit pas d’avoir un échantillon de liquide séminal retrouvé sur une personne, ni même des traces de peau sous les ongles, pour immédiatement conclure au viol ou au rapport sexuel forcé. Encore une fois, je ne peux que renvoyer à l’excellent Presumed Innocent.

De même pour beaucoup, dans une affaire, il y a forcément un coupable et une victime et ce bien avant toute forme de procès… Que n’a-t-on pas conspué ceux (Robert BADINTER par exemple) qui osaient parler de plaignante plutôt que de victime ! Car parler de victime présuppose qu’on connaisse déjà le coupable et bafoue alors la présomption d’innocence ! Mais il est tellement plus simple d’avoir un monde binaire et de généraliser… (Je ne nie toujours pas qu’une femme puisse être violée dans de telles conditions, je précise au cas où des chiennes de garde me tomberaient dessus… Même si, bizarrement, on ne les entend plus guère en ce moment… Ni M. DEBRE d’ailleurs…)

Surtout qu’il faut aller vite, toujours plus vite que la musique, que l’enquête, qu’on ne prend plus le temps, qu’on est dopé à l’information. D’où la recherche permanente du scoop, du scandale, du scabreux ! Il faut toujours faire du chiffre, de l’audience, vendre des journaux, alors tant pis pour la déontologie, pour la réflexion. Faut dire qu’on n’a plus trop de temps de cerveau disponible, alors faut le combler vite fait, bien fait… Mais ce n’est pas la faute des journalistes, non. M. DELAHOUSSE, hier, s’est, d’ailleurs, bien posé la question à haute voix : tout ce tintamarre assourdissant qui repose bien souvent sur du vent, ou si peu (car on ne sait toujours pratiquement rien de ce qui s’est passé, mais qu’importe spéculons, spéculons, y’a que ça de vrai finalement dans la vie faut croire…) n’est-ce pas plutôt la faute de l’émotion ? Cette capacité à retourner sa veste ou à éviter toute forme d’auto-critique publique m’étonnera toujourse.

D’autant plus que des journalistes etatsuniens avaient mené une enquête poussée sur la plaignante, Naffisatou Diallo, et avaient découvert… Rien. Une oie blanche venue d’Afrique pour fuir la guerre. Une résistante au régime venue chercher sa part du rêve américain à la sueur de son front… Du coup, on ne peut que s’interroger sur cette bande de bras cassés, et sur la manière dont ils ont enquêté ? Sur le terrain ou grâce à la magie d’internet qui permet d’être connecté au monde entier sans jamais se déplacer de son confortable bureau ? On n’est plus à un mystère près dans cette affaire qui s’avère de plus en plus ténébreuse…

Du coup, parfois on a simplement envie de dire stop, temps mort, on arrête, on respire, on reprend son calme ! Tout ça pour aboutir à une vérité qu’on ne connaît que trop bien depuis Adam et Eve, c’est la femme qui est perfide et vénale bien entendu !!! (*joke*)

Plus sérieusement, comme disait mon prof de français au lycée : « Le monde n’est ni tout blanc ni tout noir ; il est gris ! Avec toutes les nuances qui peuvent exister… » De grâce, arrêtons donc les condamnations à l’emporte pièce et les jugements hâtifs, et ne tombons pas dans le piège inverse de voir des complots partout comme une évidence, là où ne se trouvent parfois que de tristes coïncidences…

LMM #21

Ladies and gentlemen, une fois n’est pas coutume, voilà du bon son comme on dit !

Etant un fan absolu du groupe, il m’a été bien difficile de choisir une unique chanson à partager. Alors j’ai mis les 2 premières que j’ai découvertes : Break On Through, apprise – et traduite – en cours d’anglais à la fin de la 4ème. Et la mythique L.A Woman découverte par hasard sur une vieille cassette à demi oubliée chez ma grand-mère… Et là ça a été le choc, j’ai été instantanément séduit par la voix, et je pensais – folie ! ou plutôt manque de culture musicale inhérente à la jeunesse – qu’on ne pouvait pas faire mieux ! Mais assez parler : enjoy !



Bon je ne résiste pas : toujours sur L.A Woman, un morceau mélancolique comme je les affectionne : Hyacinth House.


Tant qu’à faire, petit conseil : plutôt que se précipiter sur les bio ou autres bouquins qui (re-)sortent en ce moment, il vaut mieux, à mon humble avis, se plonger dans An American Prayer. Même si je sais pertinemment que plus personne – ou presque – ne ne lit plus de poésie de nos jours…

Le Pays de l’alcool

Le Pays de l'alcool, Mo Yan Comme j’avais particulièrement apprécié Beaux Seins, belles fesses, mais aussi Le Maître n’a pas d’humour, je me disais que je ne prenais pas trop de risque avec Le Pays de l’alcool et que j’allais passer un bon moment. D’autant que l’histoire avait l’air particulièrement alléchante.

Ding Gou’er, un inspecteur, est envoyé dans une obscure ville de province, Jiuguo – littéralement le pays de l’alcool –, pour enquêter sur une affaire pour le moins sordide : des officiels sont accusés de manger rien de moins que des enfants ! Ce qui serait la spécialité de la ville, en plus de son alcool.

Si l’originalité de l’intrigue n’avait pas déjà séduit le futur lecteur potentiel, la quatrième de couverture précise :

En contrepoint, le narrateur livre sa correspondance avec un certain Li Yidou, aprenti romancier qui réside à Jiuguo, et dont les œuvres attisent le fantasme des festins d’enfants ou exaltent les vertus de l’alcool, viatique des Immortels.

Et nous voilà donc, avec non pas une histoire mais trois pour le prix d’une ! En effet, en plus de l’échange épistolaire, on a aussi droit aux productions du disciple auto proclamé ! Et ce qui aurait pu être un florilège finit par devenir un amalgame confus… En effet, les personnages se confondent entre protagonistes « réels » de l’aventure initiale et avatars fictifs des récits d’un aspirant fortement alcoolisé… D’ailleurs, moi qui pensais avoir été bien préparé par la lecture des BUKOWSKI, je dois reconnaître qu’on atteint ici un niveau inégalé, et qui n’aurait pas dû l’être car on sombre alors dans le pathétique parfois et le soûlant nauséabond bien trop souvent… C’était peut être le but recherché, mais parfois, c’en est trop, et depuis les Romains, on ne le sait que trop bien : nimis vitium est !

Pourtant, tout n’est pas à jeter, et on a parfois droit à des « morceaux de bravoure » comme nous le vend la quatrième de couverture, mais ça se noie vraiment bien trop souvent dans l’exercice presque scolaire… Ou alors la plupart des apprentis auteurs chinois contemporains écrivent comme Li Yidou et c’est un problème culturel : je ne peux m’y faire ! Ou alors, subtilement, Mo Yan s’en prend-il à ces mêmes aspirants arrogants qui pensent déjà tout savoir, mais font mine de se retrancher derrière le maître et semble être prêts à l’écouter, mais finalement, bornés, n’en font rien et continuent sur leur voie…

La structure narrative est si complexe qu’on finit par s’y perdre et qu’on ne démêle plus le vrai du faux, qu’on ne devine plus les intentions de l’auteur. Néanmoins une chose est sûre c’est une brillante satire de biens des travers chinois, mais aussi de la quête permanente actuelle sinon de l’immortalité du moins la jeunesse éternelle qui n’est pas le propre des Occidentaux…

Une fois n’est pas coutume, voilà un livre dont je suis peut-être totalement passé à côté, et que je ne recommande pas.

Histoire de l’abolition de la peine de mort

Histoire de l'abolition de la peine de mort, Jean-Yves Le Naour Pour nombre de jeunes nés après 1981, comme moi, que la peine de mort soit abolie semble une évidence. Comme le souligne Robert BADINTER dans la préface, dès les premières lignes :

« La peine de mort est (…) un sujet d’étude, en histoire, en littérature ou en philosophie (…). »

En effet, dans mon cas, cela a pris la forme d’une dissertation en seconde, et qu’on put ne serait-ce que penser qu’on puisse l’appliquer de nouveau nous semblait une aberration ! Bien sûr je savais que cela n’avait pas toujours été le cas et qu’il avait fallu attendre 1981 pour que la France l’abolisse définitivement. Mais c’était à peu près tout. Dommage que je ne sois pas tombé sur un tel livre alors à l’époque pour mieux me rendre compte des difficultés qu’il a fallut surmonter et surtout du lent cheminement pris dans les consciences pour en arriver là.

Si on peut imaginer que le combat fit rage dès les Lumières entre partisans de l’abolition et ceux de la peine capitale, on se doute moins des querelles qui ont secoué les abolitionnistes entre eux. Car, abolir la peine de mort est une chose, mais faut-il alors la remplacer par une peine tout aussi sévère ? Et si oui laquelle ? Qui puisse marquer les esprits si possible pour ne pas encourager les esprits criminels qui pourraient croire qu’on peut agir en tout impunité…
Mais avant d’arriver là, il a fallu se poser la question de savoir quel crime méritait la mort : le vol de quelque textile ou de nourriture valait-il d’être aussi sévèrement puni qu’un meurtre ? Fallait-il alors tuer immédiatement ou faire souffrir le coupable – donc le torturer – pour qu’il regrette ?

Autant de questions qui n’ont cessé de traverser les deux cents ans de combats de cette lutte, et que Jean-Yves LE NAOUR narre de manière limpide et non rébarbative, et rend la lecture vraiment passionnante ! On a parfois l’impression de se trouver aux côtés des philosophes ou des députés à qui cette idée tenait si chèrement !
Cet ouvrage permet aussi de prendre conscience de la force de l’opinion publique mais surtout de l’influence néfaste que peuvent avoir les medias dès le début du XX ème siècle pour vendre du papier. Sans oublier la pusillanimité des dirigeants et/ou des députés qui préfèrent flatter le bon peuple et le brosser dans le sens du poil pour se faire réélire plutôt que d’avoir le courage de voter une loi foncièrement juste mais terriblement impopulaire… Et on serait tenter de penser que décidément parfois rien ne semble changer sous le soleil…

Voilà un livre qui devrait être lu par tous leslycéens et que les professeurs devraient faire connaître ! Assurément aussi un bon moyen de passer le temps intelligemment si on ne sait pas quoi faire pendant les vacances !


Losers-nés

Losers-nés, Elvin POST Voilà bien le genre de titre qui a priori ne m’inspire pas confiance et m’incite plutôt à prendre mes jambes à mon cou et à chercher ailleurs… Il faudra penser à lutter contre ses premières impressions, car on est souvent agréablement surpris ! Et, une fois n’est pas coutume, la quatrième de couverture n’est pas que pure marketing, et je suis d’accord avec la présentation qui est faite de l’auteur :

Ce troisième roman traduit en français vient confirmer son remarquable talent pour la comédie policière.

En effet, participer au jury Seuil Polar, aura eu au moins l’avantage de me permettre de mieux me rendre compte de la diversité du genre, et que décidément Polar est un terme un peu trop global, qui ne laisse nullement présager du bouquin qui va nous passer entre les mains. Pour ma part, j’étais resté à la définition classique de l’enquête et du meurtre à élucider. J’ai bien essayé les thrillers, mais ce n’est pas un genre que j’affectionne particulièrement…

Ici, comme dans Les Leçons du mal, on est plutôt dans un roman « anthropologique » à la manière d’un BALZAC ou d’un ZOLA qui décrirait un quartier et ses habitants, que la plupart des lecteurs ne côtoieraient jamais… De même que le héros, Romeo, qui s’amourache d’une jeune inconnue sur son lieu de travail… Seule ombre au tableau, Romeo n’a pas un job « conventionnel » : il vend des magazines et des bouquins récupérés ici et là, sur un bout de trottoir de la 6ème Avenue. Autre petit souci : la demoiselle n’est pas de la même classe sociale. L’a-t-elle d’ailleurs seulement remarqué ? Mais un problème plus grave pointe déjà le bout de son nez : Sean Whiters, le caïd de la drogue de la ville. Même si son passé d’ancien guetteur semble loin, et qu’il tente de s’en sortir, il faut croire que les ennuis, il est tombé dedans quand il était petit, et ça le poursuit. Même si son frère essaye de le protéger et de le maintenir à l’écart. Mais Sean ne l’entend pas de cette oreille, et est prêt à tout pour ne pas être inquiété par la police. Qui a des soupçons sur son implication dans un homicide… Déjà, qu’il avait d’autres soucis en tête avec ce nouveau gang qui menace son territoire (l’oeuvre de toute une vie…), sans oublier sa copine qui a la langue trop pendue… Et ce n’est pas son nouveau breuvage miracle – le thé de yohimbehe, censé décupler sa vigueur sexuelle – qui va arranger sa paranoïa grandissante…

Avec une galerie de personnages hauts en couleur, et une multiplication de point de vue, qui n’est pas sans rappeler Pulp Fiction, on ne peut qu’être séduit par ce roman ! D’ailleurs, ici aussi ça flingue à tout va ! Pour des motifs plus ou moins futiles (pauvre jack russell…). Assurément un livre que je recommande pour celles et ceux qui se demandent déjà quoi lire et qu’emmener dans leur valise pour les vacances !

C’est l’histoire d’un… chimpanzé en rut !!!

(je sais que mon blog depuis plusieurs mois avait plus une vocation littéraire, mais que voulez-vous : chassez le naturiste, il revient au bungalow ! Un peu de pseudo politique ne peut pas faire de mal…)

En tout cas, c’est la manière dont on nous a vendu l’histoire DSK dès dimanche matin. Pour celles et ceux qui auraient la mémoire courte, je rappelle de quelle manière les faits ont été présentés : une femme de chambre vient nettoyer la suite en s’enquérant au préalable de la vacuité de la pièce. L’absence de réponse l’incite à poursuivre. Et là, c’est le drame : DSK sort nu de sa douche et lui saute dessus ! Déjà, là, on doit tiquer… à moins d’être un chimpanzé en rut comme l’a dit l’homme en noir, je ne comprends pas comment cela puisse être possible ! Mais passons, on n’est plus à une aberration près ! Non que je veuille dédouaner DSK ou que je cherche une théorie du complot cachée, mais j’ai beau retourner l’histoire dans tous les sens, je n’arrive pas à comprendre !!!

Enfin, voilà un homme qui brûle (selon les journalistes politiques et quelques fuites savamment orchestrées) de se présenter à l’élection présidentielle de 2012, qui sait qu’il risque d’être piégé, qu’on risque de faire surgir son passé de séducteur, et qui s’abandonnerait aussi facilement à ses pulsions ?! Mister HYDE sort de ce corps !!! car il n’y a pas d’autre explication. Ou alors celle d’un acte manqué…

D’autant qu’il ne semble pas y être aller de main morte le bougre, vu qu’on l’accuse, si j’ai bien tout compris, d’avoir forcé la jeune femme à lui faire une fellation, d’avoir pratiqué la sodomie, mais d’avoir « seulement » tenté une pénétration vaginale. Là encore, je ne peux que tiquer… Logiquement, il serait plus facile d’avoir une pénétration vaginale que tout le reste, non ? La fellation, on prend le risque d’être croqué, non ? Et quand à la pénétration anale, je ne vais pas faire de dessin, mais, je ne suis pas persuadé que ça rentre si facilement dans un tel contexte…

Du coup, je me suis posé des questions et mon imagination fertile s’en est donné à coeur joie. Imaginez donc : une jeune femme vous séduit, consent à avoir des rapports intimes avec vous (encore une fois, je ne cherche pas excuser un tel comportement, même si DSK est encore présumé innocent… je tiens à préciser avant que d’éventuelles féministes ou chiennes de garde s’en prennent à moi ; j’émets une hypothèse, certes digne d’un film hollywoodien (voir le si bien nommé Presumed Innocent) mais tout de même plausible), une fois que la besogne est finie, elle se transforme en furie, et vous griffe pour simuler une agression sexuelle ou du moins une tentative d’agression sexuelle… Tout est alors réuni : les fluides séminaux, les traces sur le torse qui prouvent qu’on s’est débattu…

Seul hic : à qui profiterait le crime mon cher Watson ? Vu l’absence de réponse crédible, force est de constater que l’hypothèse est tirée par les cheveux !

D’autant que certaines langues commencent à se délier et reconnaissent que le sieur Strauss-Kahn était un séducteur, voire plus… Pour ne pas dire un délinquant sexuel, comme l’a écrit M. DEBRE sur son blog. Pour ce personnage, point de présomption d’innocence qui tienne, il faut que tout le monde sache la vérité. Vérité connu d’un certain microcosme depuis belle lurette, mais que personne n’osait mettre sur la place publique. Même pas lui !!! Mais comme il est médecin, il sait quel est le meilleur moment pour tirer sur une ambulance, je pense. Ou alors DSK a eu une liaison avec madame ou une maîtresse qu’il convoitait et… Mais là ça deviendrait vraiment de la fiction !

Déjà qu’on se croirait dans un mauvais épisode de Law and Order (la série des New-York – police judiciaire, section criminelle, unité spéciale)… J’imagine bien feu Lennie Brisco le cueillir dans l’avion (ou plutôt Stabler, voire Ice-T aka Tutola, vu que c’est la Special Victims Unit qui est en charge de l’affaire…). Heureusement, l’ADN va bientôt permettre de voir un peu plus clair dans tout ça. En espérant qu’ils se débrouillent aussi bien aux Etats-Unis que dans leurs séries (d’ailleurs, on trouverait presque bizarre que ça mette autant de temps, déjà que les policiers sont revenus sur leurs déclarations ; un mauvais épisode, qui ne manquera pourtant d’être adapté, j’en mettrai ma main à couper !), et surtout mieux qu’en France, car y’a un groupuscule anarchiste qui était bien parti pour croupir en prison, vu que la ministre de la justice de l’époque (MAM pour qui aurait la mémoire courte…) nous promettait que ce n’était qu’une question de jours, voire de semaines, tellement les preuves étaient accablantes !!! On attend toujours