Intrusion

Intrusion, Natsuo Kirino En refermant ce livre, je me suis demandé pourquoi il m’avait été proposé dans le cadre de ma participation au jury roman policier Seuil, en partenariat avec Babelio… Ce qui m’a néanmoins permis encore une fois de m’interroger sur la notion de polar et de roman policier, et de me rendre compte qu’elle est ; finalement, pour le moins vague et renferme des réalités que je ne soupçonnais pas. Car ici, il n’est question ni de meurtre, ni de thriller, ni même d’ambiance angoissante mais d’une énigme et de l’enquête qui tente d’y répondre. Ce qui a première vue semble être le moins pour un roman policier.

En effet, une écrivain, Chiyoko Tamaki se demande qui est la mystérieuse O. décrite dans un roman sulfureux, Innocent, paru quelques années auparavant. Comme l’auteur Mikio Midorikawa y parle de sa femme, de ses enfants, y décrit sa vie à une certaine époque de sa vie, elle pense tout naturellement que son amante a existé. Mais alors, pourquoi personne n’a mis de visage, ni même de nom sur cette initiale ?

Très vite, on se rend compte que cette intrigue n’est qu’un prétexte a une réflexion, intéressante par ailleurs, sur la part de réalité dans la fiction, ou plus précisément dans l’auto-fiction… mais aussi sur le travail de l’écrivain (au Japon du moins) ainsi que sa relation avec son éditeur et le monde littéraire. Car l’auteur est également en plein élaboration d’un nouveau roman dont le thème (la séparation et l’oubli, la « suppression » de l’amour) lui a été inspiré justement par Innocent.

Ayant particulièrement apprécié Out (In est en quelque sorte son pendant, comme nous l’apprend la traductrice dès les premières lignes) et Monstrueux, je me faisais une joie de lire Intrusion. Mais j’ai été déçu, car ce qui aurait pu être un très bon livre, dans le fond, s’avère au final un exercice plutôt brouillon. Si l’idée de mise en abyme et de parallèle entre la vie sentimentale et amoureuse de Mikio Midorikawa et celle de Tamaki s’avère judicieuse, la manière dont elle est traitée tend à perdre le lecteur. Pour ma part, j’ai parfois eu du mal à démêler les différentes période de la relation tumultueuse de Tamaki et de son amant et agent littéraire. Même si les dernières pages tendent à sauver l’oeuvre, ce n’est malheureusement pas suffisant.

Losers-nés

Losers-nés, Elvin POST Voilà bien le genre de titre qui a priori ne m’inspire pas confiance et m’incite plutôt à prendre mes jambes à mon cou et à chercher ailleurs… Il faudra penser à lutter contre ses premières impressions, car on est souvent agréablement surpris ! Et, une fois n’est pas coutume, la quatrième de couverture n’est pas que pure marketing, et je suis d’accord avec la présentation qui est faite de l’auteur :

Ce troisième roman traduit en français vient confirmer son remarquable talent pour la comédie policière.

En effet, participer au jury Seuil Polar, aura eu au moins l’avantage de me permettre de mieux me rendre compte de la diversité du genre, et que décidément Polar est un terme un peu trop global, qui ne laisse nullement présager du bouquin qui va nous passer entre les mains. Pour ma part, j’étais resté à la définition classique de l’enquête et du meurtre à élucider. J’ai bien essayé les thrillers, mais ce n’est pas un genre que j’affectionne particulièrement…

Ici, comme dans Les Leçons du mal, on est plutôt dans un roman « anthropologique » à la manière d’un BALZAC ou d’un ZOLA qui décrirait un quartier et ses habitants, que la plupart des lecteurs ne côtoieraient jamais… De même que le héros, Romeo, qui s’amourache d’une jeune inconnue sur son lieu de travail… Seule ombre au tableau, Romeo n’a pas un job « conventionnel » : il vend des magazines et des bouquins récupérés ici et là, sur un bout de trottoir de la 6ème Avenue. Autre petit souci : la demoiselle n’est pas de la même classe sociale. L’a-t-elle d’ailleurs seulement remarqué ? Mais un problème plus grave pointe déjà le bout de son nez : Sean Whiters, le caïd de la drogue de la ville. Même si son passé d’ancien guetteur semble loin, et qu’il tente de s’en sortir, il faut croire que les ennuis, il est tombé dedans quand il était petit, et ça le poursuit. Même si son frère essaye de le protéger et de le maintenir à l’écart. Mais Sean ne l’entend pas de cette oreille, et est prêt à tout pour ne pas être inquiété par la police. Qui a des soupçons sur son implication dans un homicide… Déjà, qu’il avait d’autres soucis en tête avec ce nouveau gang qui menace son territoire (l’oeuvre de toute une vie…), sans oublier sa copine qui a la langue trop pendue… Et ce n’est pas son nouveau breuvage miracle – le thé de yohimbehe, censé décupler sa vigueur sexuelle – qui va arranger sa paranoïa grandissante…

Avec une galerie de personnages hauts en couleur, et une multiplication de point de vue, qui n’est pas sans rappeler Pulp Fiction, on ne peut qu’être séduit par ce roman ! D’ailleurs, ici aussi ça flingue à tout va ! Pour des motifs plus ou moins futiles (pauvre jack russell…). Assurément un livre que je recommande pour celles et ceux qui se demandent déjà quoi lire et qu’emmener dans leur valise pour les vacances !

Les Neuf Dragons

Les neuf Dragons, Michael CONNELLY Participer au jury Seuil Policiers aura au moins eu l’avantage de combler une lacune : enfin faire connaissance avec le célèbre Michael CONNELLY et son non moins célèbre inspecteur Harry Bosch !

Je ne pourrai donc pas dire si c’est le meilleur roman ou le moins bon de la série, mais je dois reconnaître que je n’ai pas été déçu. On sent que l’écrivain maîtrise son sujet (je sais, c’est une phrase bateau, mais je ne vois pas comment mieux l’exprimer…). En effet, à commencer par l’histoire qui débute simplement et va se complexifier, ou plutôt s’internationaliser, au fur et à mesure sans rien perdre cependant de sa crédibilité (un des avantages du village planétaire actuel…).

Tout débute à Los Angeles, où le gérant du Fortune Liquor a été abattu. Victime d’un cambriolage qui aurait mal tourné ? Pas sûr, même si le magasin de la victime se trouvait dans un quartier plutôt sensible… D’autant que le trépassé s’appelait M. LI… Et forcément qui dit Chinois dit Triade (ne faisons pas durer artificiellement le suspense plus longtemps : ce sont les fameux neuf dragons…). Et là, moi, j’ai plutôt tendance à tiquer… La mode actuelle de la mafia asiatique (aussi bien chinoise que japonaise), les préjugés (même si en la matière on pourra difficilement faire pire que les aventures du Docteur Fu-Manchu…), les grands méchants tinois (comme diraient les Guignols de l’info) qui nous envahissent, toussa, toussa… Lesquels sont d’ailleurs si puissamment organisés qu’ils enlèvent même la fille de notre héros, qui vit à Hong-Kong avec sa mère… Bref, du réchauffé à l’horizon…

Sauf qu’ici l’histoire reste suffisamment crédible ! Même si on ne peut s’empêcher de sombrer dans les travers hollywoodiens… Car, bien évidemment, l’inspecteur BOSCH s’en va tout seul combattre tout ce joli monde, dans une ville qu’il ne connait pas (dont il ne maîtrise pas la langue ni les us et coutumes…), désarmé, et devant faire équipe avec le garde du corps de son ex-femme, contre son gré…

Reste la trouvaille de Michael CONNELLY pour maintenir le lecteur en haleine : ramasser l’action en une longue journée de 39 heures grâce aux joies du décalage horaire. Encore une fois, on pourra rétorquer que c’est du déjà-vu et que cela ressemble à s’y méprendre à 24h chrono. Certes, mais ça demeure toujours diablement efficace ! D’autant qu’on ne peut que s’attacher à un héros qui va au bout du monde pour sauver sa fille, même s’il ne la connait que peu (il a découvert sa paternité tardivement), et qui se découvre un nouveau rôle qui sera à plein temps désormais, lui qui ne vivait que pour son métier et avait du mal à comprendre son coéquipier au début du roman.

Voilà un polar que je recommande chaleureusement (surtout si comme moi vous êtes plutôt amateur de « roman policier à enquête ») et qui vous fera passer un bon week-end, car encore une fois, c’est le genre de bouquin qui se lit d’une traite sans voir le temps passer !

Les Leçons du mal

Les Leçons du mal, Thomas H. COOK Voilà le genre de titre qui ne peut qu’attirer l’attention, et que j’aurai sûrement lu même si je n’avais pas été partenaire du jury du polar lancé par Babelio. D’autant que la quatrième de couverture vous encourage à céder à la tentation ! A commencer par le résumé :

Jack Branch est un fils de bonne famille, professeur dans le petit lycée de Lakeland, Mississippi. Très impliqué dans son métier, soucieux de justice dans un pays encore marqué par la guerre de Sécession, il se prend d’affection pour un élève taiseux et renfrogné du nom d’Eddie Miller. Eddie se tient à l’écart de la communauté, résigné, écrasé par le poids de son ascendance : il est le fils du « tueur de l’étudiante », mort en prison quinze ans plus tôt. Le mal se donne-t-il en héritage ? Peut-on sauver les gens d’eux – mêmes ?
Pour libérer Eddie de son fardeau, Jack lui suggère de mener une enquête sur son père. Le maître et l’élève découvrent peu à peu un monde où le bien et le mal se confondent, chargé de violence et de mirages : un monde de ténèbres.

Plutôt alléchant, non ? Sans compter qu’on nous signale que :

Salué comme l’un des plus grands auteurs de sa génération, Thomas H. Cook a écrit une vingtaine de romans dont The Chatham School Affait qui a remporté le prestigieux prix Edgar en 1996

Et pour enfoncer le clou on a même droit à une citation de Joyce Carol OATES :

Thomas Cook – comme Michael Connelly, James Ellroy et quelques autres – réinvente brillamment le genre policier.

Dès lors, difficile de ne pas se lancer avidement dans la lecture de ce roman ! Et j’ai donc été séduit dès les premières pages. Non seulement par l’écriture limpide (on dévore les pages sans s’en rendre compte, comme pour Justice dans un paysage de rêve ; je sais on dirait de l’auto-promotion de blog, mais j’ai vraiment englouti ces deux romans en un petit week-end chacun…), mais surtout par les abondantes références culturelles. Les mauvaises langues rétorqueront que c’est la moindre des choses quand le héros est un professeur d’histoire, certes, mais le fait est suffisamment rare dans un polar pour qu’on le souligne. La structure m’a également plu, car cette subtile alternance de passé et de présent permet à l’auteur d’instiller lentement et savamment un suspense qui pousse à vouloir toujours continuer de tourner les pages pour savoir enfin de quoi il en retourne !
Et c’est là le problème. A trop vouloir jouer avec les nerfs du lecteur, on prend le risque de le décevoir finalement… Je ne dévoilerai pas la fin, mais étant donné le titre et tout le mal que l’auteur s’est donné pour donner l’impression que l’action se situe dans « un monde de ténèbres », je m’attendais sinon à pire du moins à plus terrifiant…

Ce qui m’a encore fait m’interroger sur la notion de roman policier, qui est décidément bien trop vague à mon goût… en effet, ici, certes le lecteur est face à un – voire deux mystères – , mais il n’y a pas à proprement parler d’enquête. Notre héros raconte une histoire qui s’est déroulé il y a plusieurs années de cela, qui a fait des victimes et qui a marqué psychologiquement les protagonistes de ce drame, mais on ne cherche pas un coupable… Certes on cherche à comprendre pourquoi et comment on a pu aboutir à cette tragédie, mais de là à parler de genre policier… Peut-être à cause du suspense, mais ça ne relève alors que de l’exercice de style…
Une fois n’est pas coutume, voilà un roman que je ne conseille pas. Non pas qu’il soit mauvais ou nul, mais comme dirait ma compagne, on se demande pourquoi l’auteur a écrit un tel ouvrage…

Justice dans un paysage de rêve

Justice dans un paysage de rêve, Malla NUNN Pour être honnête, si je n’avais pas été contacté par Babelio pour chroniquer ce polar, il n’est pas sûr du tout que je l’aurai choisi spontanément dans une librairie ou à la bibliothèque… Déjà le titre ne semble rien augurer de bon (pour une fois la traduction n’est pas pour grand chose, car la version originale ne vaut guère mieux : A Beautiful place to die…) D’autant plus que la quatrième de couverture aurait achevé de me dissuader en temps normal. En effet, quand je lis en gros :

« Un premier roman fantastique qui se lit d’une traite : j’ai adoré ce portrait habile de l’apartheid en Afrique du Sud ! »

j’ai plutôt tendance à prendre mes jambes à mon cou et me méfier de ce qui a tout l’air d’être une ruse marketing…

Et j’aurai eu tort ! Car j’ai effectivement dévoré ce roman en un petit week-end tout juste ! L’histoire n’est certes pas d’une originalité folle, mais est intéressante, au moins, pour le contexte dans lequel elle se déroule. Certes, on a affaire à ce qui pourrait être un banal polar : un policier blanc, le capitaine Pretorius, se fait tuer dans une province sud-africaine et on charge un inspecteur d’une grosse ville de venir résoudre le crime. Classique. On se doute aussi que le coupable ne peut pas être un Noir ou un Métis, même si tout porte à le croire, sinon ce serait trop facile. De nouveau classique. Là, où ça devient intéressant, c’est que le drame se déroule au début des années 50 dans une Afrique du Sud qui commence à entrer officiellement dans l’Apartheid, même si de nombreux sud-africains en connaissent déjà les affres depuis longtemps. Et on découvre qu’à côté de l’antagonisme Blanc/Noir, existe également une opposition entre descendants d’Hollandais et de sujet de sa Gracieuse Majesté. Ce qui va naturellement compliquer la tâche de l’inspecteur Cooper, citadin d’origine britannique, perdu dans une bourgade campagnarde afrikaner. Si on ajoute à cela le climat international de l’époque – pour faire simple, la menace communiste s’étend aussi au continent africain – et les guerres politiques entre les différents services de sécurité et de police, on comprend que l’enquête s’annonce particulièrement difficile à mener. D’autant plus que le capitaine Pretorius, semblait mener une double vie, qu’il tenait absolument à préserver…

Rajoutez à cela, une écriture limpide qui se laisse dévorer d’une traite et on ne peut que tomber sous le charme ! Seul petit bémol toutefois : la fin un peu bâclée… on mettra ça sur le compte d’un premier roman, d’une erreur de jeunesse. Mais on ne s’attend quand même absolument pas à l’identité du coupable. Ce qui ne peut que faire un bon roman policier. Peut-être même un des meilleurs que j’ai lus depuis longtemps de ce point de vue. Jusqu’au bout, l’auteur aura distillé les indices pour nous aiguiller dans une direction plausible, mais qui n’était pas tout à fait la bonne. A lire d’urgence donc, vous ne le regretterez pas ! D’autant qu’on s’attache à l’inspecteur Emmanuel Cooper, qui reste encore bien mystérieux… Et il n’est pas sûr que la prochaine enquête nous permettent de mieux cerner le personnage… Ce qui n’est pas plus mal, car ce n’est pas le genre d’enquêteur dont on se lasse vite !

Les Mystères du Si-Fan

Les Mystères du Si-Fan, Sax ROHMER A l’heure où Le Parisien – entre autres – voit une menace chinoise un peu partout je me suis dit que l’occasion ne pouvait mieux se présenter de faire connaissance avec le terrible docteur Fu Manchu ! Encore un personnage dont on a au moins une fois dans sa vie entendu parler, sans jamais trop savoir de quoi il en retournait exactement.

Comme bien souvent, je ne commence pas par le bon bout (à savoir Le Mystérieux Docteur Fu Manchu) mais par le troisième volet d’une série qui en comprend …
Mais cela n’est pas bien grave, car l’histoire se suffit à elle-même et comme bien souvent dans les polars « en série » on vous rappelle, sinon les épisodes précédents, au moins les principaux traits de caractères des protagonistes. Ce qui peut s’avérer assez ennuyant quand on est habitué à la série, mais qui, ici, m’a bien dépanné ! Car nos deux héros (Sir Denis Nayland Smith et le Dr. Petrie , qui ne sont pas sans rappeler Sherlock Holmes et son fidèle Watson, comme le rappelle à juste titre la quatrième de couverture) ont déjà eu affaire au sinistre mandarin (ou plutôt Mandchou/Mandchu…) et ont d’autant plus de raison de craindre ce mystérieux Si-Fan : groupuscule qui veut réaliser une une « prophétie » tenace en Extrême-Orient, selon laquelle une femme, un jour régnera sur les peuples connus. Femme asiatique, bien entendu, ce qui pose problème aux gentlemen du siècle dernier. Ambiance…

Ambiance délétère au propre comme au figuré. Car on se trouve plongé dans le Londres des bas-fonds du début du siècle où croupit toute la racaille chinoise s’adonnant bien souvent au vice (jeux et opium ou haschich entre autres) ; car les Asiatiques ne peuvent être que foncièrement mauvais et perfides ! Et là, on se demande si certains journalistes, de nos jours, n’ont pas été un peu trop abreuvés de lectures d’un autre siècle. Certes, autres temps autres moeurs, et à l’époque l’Asie était encore largement mystérieuse, inconnue et sauvage pour les Occidentaux, il n’empêche, les préjugés sont encore pire que dans les autres histoire criminelles de Chinatown, et on se demande souvent comment on a bien pu lire un tel tissu d’âneries qui ne reflétait nullement la réalité et qu’on a dû tenir pour acquis.

Il faut renconnaître que le style n’est peut-être pas pour rien dans le succès qu’ont eu les romans de Sax ROHMER.

A l’animation qui régnait dans le vestibule de l’hôtel, je compris que le Si-fan, cette puissance invisible et sinistre, était entré en action, et qu’il avait arraché mon ami à cette vie joyeuse pour le plonger dans un silence énigmatique et fatal.

Certes, il est parfois un peu désuet, mais c’est justement ce qui contribue à son charme. Et surtout les actions, parfois invraissemblables, s’enchaînent à un tel rythme qu’on s’oublie dans l’aventure (qui occulte rapidement l’enquête initiale ; et j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi on l’a classé roman policier…) ! Le seul petit point négatif qui peut devenir rébarbatif tient à la publication, à l’origine, en feuilleton : certains rappels deviennent pénibles à la longue, et alourdissent inutilement la trame…

Une découverte intéressante pour se rendre compte que finalement le péril jaune n’a pas complétement disparu des pensées. Même si au début du XX ème siècle, on frôlait bien plus le racisme, en ce sens qu’on distinguait des races et qu’il fallait le représenter. Ainsi le Chinois est plus que proche du singe :

Au même moment, une silhouette louche, voûtée, simiesque, à la démarche curieusement chaloupée, surgit d’un recoin invisible et sauta, tel un fauve, sur les épaules de Smith !

C’était un Chinois, qui portait une veste courte et ample ; comme il était tête nue, je vis la volute sinistre que faisait sa natte sur son crâne jaune.

Quant aux femmes asiatiques, ce n’est guère mieux :

Je ne savais pas qu’une Chinoise pouvait être aussi belle.

Il se peut fort bien que sa mère ne soit pas chinoise ; de plus, il y a en Chine partout nombre de jolies femmes ; et l’art du maquillage y est tout aussi répandu.

Mais il n’est pas sûr que je me précipite dans l’intégralité des aventures. Peut-être le premier vaut-il la peine d’être lu pour découvrir vraiment le personnage initial, car ici on s’intéresse plus à la menace d’une organisation tentaculaire, qui envisage de s’étendre sur le monde entier (et de l’asservir) plus qu’au terrible Docteur. Et le dernier pour voir si ce dernier disparaît…



À noter également que cet article est publié dans le cadre du challenge ABC critiques de Babelio dont j’avais déjà parlé.