LMM #21

Ladies and gentlemen, une fois n’est pas coutume, voilà du bon son comme on dit !

Etant un fan absolu du groupe, il m’a été bien difficile de choisir une unique chanson à partager. Alors j’ai mis les 2 premières que j’ai découvertes : Break On Through, apprise – et traduite – en cours d’anglais à la fin de la 4ème. Et la mythique L.A Woman découverte par hasard sur une vieille cassette à demi oubliée chez ma grand-mère… Et là ça a été le choc, j’ai été instantanément séduit par la voix, et je pensais – folie ! ou plutôt manque de culture musicale inhérente à la jeunesse – qu’on ne pouvait pas faire mieux ! Mais assez parler : enjoy !



Bon je ne résiste pas : toujours sur L.A Woman, un morceau mélancolique comme je les affectionne : Hyacinth House.


Tant qu’à faire, petit conseil : plutôt que se précipiter sur les bio ou autres bouquins qui (re-)sortent en ce moment, il vaut mieux, à mon humble avis, se plonger dans An American Prayer. Même si je sais pertinemment que plus personne – ou presque – ne ne lit plus de poésie de nos jours…

Les Leçons du mal

Les Leçons du mal, Thomas H. COOK Voilà le genre de titre qui ne peut qu’attirer l’attention, et que j’aurai sûrement lu même si je n’avais pas été partenaire du jury du polar lancé par Babelio. D’autant que la quatrième de couverture vous encourage à céder à la tentation ! A commencer par le résumé :

Jack Branch est un fils de bonne famille, professeur dans le petit lycée de Lakeland, Mississippi. Très impliqué dans son métier, soucieux de justice dans un pays encore marqué par la guerre de Sécession, il se prend d’affection pour un élève taiseux et renfrogné du nom d’Eddie Miller. Eddie se tient à l’écart de la communauté, résigné, écrasé par le poids de son ascendance : il est le fils du « tueur de l’étudiante », mort en prison quinze ans plus tôt. Le mal se donne-t-il en héritage ? Peut-on sauver les gens d’eux – mêmes ?
Pour libérer Eddie de son fardeau, Jack lui suggère de mener une enquête sur son père. Le maître et l’élève découvrent peu à peu un monde où le bien et le mal se confondent, chargé de violence et de mirages : un monde de ténèbres.

Plutôt alléchant, non ? Sans compter qu’on nous signale que :

Salué comme l’un des plus grands auteurs de sa génération, Thomas H. Cook a écrit une vingtaine de romans dont The Chatham School Affait qui a remporté le prestigieux prix Edgar en 1996

Et pour enfoncer le clou on a même droit à une citation de Joyce Carol OATES :

Thomas Cook – comme Michael Connelly, James Ellroy et quelques autres – réinvente brillamment le genre policier.

Dès lors, difficile de ne pas se lancer avidement dans la lecture de ce roman ! Et j’ai donc été séduit dès les premières pages. Non seulement par l’écriture limpide (on dévore les pages sans s’en rendre compte, comme pour Justice dans un paysage de rêve ; je sais on dirait de l’auto-promotion de blog, mais j’ai vraiment englouti ces deux romans en un petit week-end chacun…), mais surtout par les abondantes références culturelles. Les mauvaises langues rétorqueront que c’est la moindre des choses quand le héros est un professeur d’histoire, certes, mais le fait est suffisamment rare dans un polar pour qu’on le souligne. La structure m’a également plu, car cette subtile alternance de passé et de présent permet à l’auteur d’instiller lentement et savamment un suspense qui pousse à vouloir toujours continuer de tourner les pages pour savoir enfin de quoi il en retourne !
Et c’est là le problème. A trop vouloir jouer avec les nerfs du lecteur, on prend le risque de le décevoir finalement… Je ne dévoilerai pas la fin, mais étant donné le titre et tout le mal que l’auteur s’est donné pour donner l’impression que l’action se situe dans « un monde de ténèbres », je m’attendais sinon à pire du moins à plus terrifiant…

Ce qui m’a encore fait m’interroger sur la notion de roman policier, qui est décidément bien trop vague à mon goût… en effet, ici, certes le lecteur est face à un – voire deux mystères – , mais il n’y a pas à proprement parler d’enquête. Notre héros raconte une histoire qui s’est déroulé il y a plusieurs années de cela, qui a fait des victimes et qui a marqué psychologiquement les protagonistes de ce drame, mais on ne cherche pas un coupable… Certes on cherche à comprendre pourquoi et comment on a pu aboutir à cette tragédie, mais de là à parler de genre policier… Peut-être à cause du suspense, mais ça ne relève alors que de l’exercice de style…
Une fois n’est pas coutume, voilà un roman que je ne conseille pas. Non pas qu’il soit mauvais ou nul, mais comme dirait ma compagne, on se demande pourquoi l’auteur a écrit un tel ouvrage…

Un Parfait Gentleman

Un Parfait Gentleman et autres histoires criminelles de Chinatown Je ne recommanderai jamais assez d’aller dans une librairie sans savoir d’avance ce qu’on veut acheter, car on tombe souvent sur de jolies perles ! Déjà le nom de l’auteur et le titre ne peuvent qu’attirer l’attention, et on se demande qui est ce Achmed ABDULLAH qui écrit des histoires criminelles se déroulant à Chinatown ? La quatrième de couverture nous apprend qu’il s’agit du pseudonyme d’Alexandre Romanoff, dont le père est le cousin du dernier tsar et la mère une princesse afghane, et surtout dont la « vie devnt un gigantesque roman d’aventures aux Indes, en Chine, au Tibet, en France, au Proche-Orient et en Afrique ». Si avec ça votre curiosité n’est pas légitiment titillée, vous êtres vraiment difficile !


Mais peut-être tout cela n’est que ruse marketing pour acheter un roman de gare, de seconde zone ? Et bien non, détrompez-vous ! Dès la première nouvelle, qui donne son titre au livre, j’ai été conquis ! Car en guise de parfait gentleman, on a droit à un chinois, très laid, qui épouse une aveugle et qui se trouve confronté à un cruel dilemme lorsqu’il apprend qu’un de ses amis de Harvard, devenu chirurgien spécialiste des yeux, se propose de guérir sa femme. Doit-il laisser l’opération avoir lieu et prendre le risque que cette dernière soit dégoutée en découvrant son « véritable visage » ? ou alors faut-il qu’il l’empêche à tout prix ? Mais à quel prix justement !

Et le ton est donné ! Car ce recueil de nouvelles raconte plutôt des histoires d’amour tragiques qui débouchent sur des histoires criminelles. Mais toujours avec un point de vue « particulier » (de là à croire que tous les asiatiques même occidentalisés pensaient de la sorte au début du siècle dernier…), qui nous renseigne sur la manière dont l’étranger de ces lointaines contrées, encore bien mystérieuses, pour le commun des lecteurs était perçu. Ainsi, ce tueur à gage d’un certain âge déjà qui a épousé une jeune femme mais qui suffisamment lucide – ou philosophe – passe les incartades amoureuses de sa bien-aimée, jusqu’au jour où… mais n’en disons pas plus, car ce serait gâcher la chute de la nouvelle.

La force de Achmed ABDULLAH réside aussi dans le monde cohérent qu’il a su créer autour d’un noyau de personnages récurrents et d’un quartier, qui permet au lecteur de vite s’attacher et ainsi de lire ce court recueil d’une traite ! Une idée de cadeau, si on en manque, qui fera assurément plaisir pour ces fêtes de fin d’année !



À noter également que c’est le premier article publié dans le cadre du challenge ABC critiques de Babelio dont j’avais déjà parlé.

Demande à la poussière

Demande à la poussière On le sait : c’est pas le nombre de livres à lire qui manque et une bonne huitaine m’attend d’ici la fin de l’année pour honorer ma participation au Blog-o-trésors et au défi de littérature policière sur les 5 continents (peut-être un jour afficherai-je ma modeste PAL d’ailleurs…), mais y’a des livres qui s’imposent à vous comme Demande à la poussière. Je ne sais plus comment j’ai eu vent de l’ouvrage, mais une fois que je l’ai eu en tête, il a été difficile de l’en déloger. Encore plus lorsque j’ai appris que BUKOWSKI l’avait préfacé ! Après avoir écumé vainement deux ou trois librairies, j’ai enfin trouvé mon bonheur et m’y suis plongé avidement, pressé de lire un auteur qui avait, à ce point, marqué Hank !

L’histoire, c’est celle d’Arturo Bandini, jeune provinciale du Colorado, « ni veau ni vache et pas même bon à donner le change », qui vient tenter sa chance en Californie comme écrivain. Enfin écrivain, c’est vite dit : il a 20 ans et une de ses nouvelles seulement a été imprimé dans une revue littéraire. Mais qu’importe ! Bandini croit à son talent et à son avenir : il se voit bien avec un nobel d’ailleurs ! En attendant, la production est loin d’être aisée et la seconde nouvelle a du mal à être rédigée. Et puis, les jours sont durs quand on envisage que l’écriture pour ne pas mourir de faim… Sans compter que s’amouracher d’une serveuse latino n’arrange rien à l’affaire et cause bien du souci et du tourment à notre héros, qui ne sait vraiment pas comment s’en prendre avec la gente féminine… Heureusement, maman est là pour subvenir financièrement, et M. Hackmuth aussi, qui publie une de ses lettres sous forme de nouvelle, contre rémunération, ce qui est toujours bon à prendre. Mais qui n’évitera pas quelques tracas à Arturo…

Bilan : avis plutôt mitigé. D’un point de vue stylistique, y’a rien à dire, c’est inventif, c’est neuf (et pas que pour l’époque), c’est vivant (pas mal de jeunes auteurs feraient bien de s’en inspirer…) :

Assassin ou barman, barman ou écrivain, qu’importe : son sort était le sort de tous, sa fin ma fin ; et ce soir dans cette cité de fenêtres éteintes il s’en trouvait des millions comme lui et comme moi, aussi impossibles à différencier que des brins d’herbe mourante. C’était déjà assez dur comme ça de vivre, mais mourir c’était la tâche suprême. Et Sammy allait bientôt mourir.

Du côté de l’histoire aussi, c’est pour le moins plaisant : le difficile passage de l’adolescence à l’âge adulte (je crois que je vais finir par m’en faire un spécialiste…), le tout sous fond d’Etats-Unis des immigrés de la première moitié du XXème siècle qui ne connaissent nullement l’opulence et doivent se débrouiller comme ils peuvent pour survivre…

Mais il manque un petit quelque chose qui fait toute la différence ! Ou peut-être est-ce de ma faute : je m’attendais à lire un bouquin à la BUKOWSKI, donc je suis parti avec pas mal d‘a priori inconscient… La prochaine fois (car y’aura néanmoins une prochaine fois, ne serait-ce que pour voir ce qui se cache derrière Mon Chien stupide ou encore Le Vin de la jeunesse), je saurai que je lirai du FANTE. Ce qui n’est déjà pas si mal.

Le Grand Sommeil

S’il est un auteur dont les amateurs de polar ne peuvent ne pas avoir entendu parler, c’est bien Raymond CHANDLER. Il suffit qu’on dresse une liste d’auteurs classiques de romans policiers ou de personnages emblématiques du genre pour le trouver en bonne position, bien souvent accompagné de son mythique détective : Philip MARLOWE. Et pourtant, je n’avais encore rien lu, malgré une série, un été dans Marianne (magazine souvent plaisant à parcourir aux mois de juillet-août pour leurs listes en tout genre (penseurs, idées, événements historiques, écrivains,…) égrennées au fil des semaines estivales, et un numéro spécial de Lire sur les polars « des classiques à Millénium » (et sûrement un Phosphore, si ma mémoire ne me joue pas trop de tour).

Heureusement, le défi littérature policière sur les 5 continents est passé par là pour combler cette lacune !

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Guerre à Harvard

Guerre à HarvardOu le désagréable sentiment de s’être fait avoir par les sirènes d’un marketing savamment mises en musique par les attachés de presse !!! (mais au moins, je ne suis pas fait avoir par le Moleskine d’HEMINGWAY, CELINE ou autres illustres écrivains…)

J’en avais entendu parler y’a quelques mois de ça dans Le Grand Journal (Ali BADDOU, d’ailleurs, a été plus inspiré par le passé ; surtout si c’est seulement pour s’extasier devant l’anecdote des étudiants qui regrettaient de ne pas avoir été le coloc de Marc ZUCKERBERG…), et plutôt que de me souvenir de l’expérience Viens là que je te tue ma belle, je pensais naïvement qu’il fallait peut-être s’y intéresser, car quelques magazines en touchaient quelques mots également. Je saurais désormais qu’une fois que touts les feus avant-coureurs d’un buzz littéraire sont allumés, il faut se méfier grandement !!!

Encore que… je ne suis tout de même pas si naïf que ça, et ne cède point si facilement à la lecture du moment :j’essaye de me renseigner un minimum. Dans le cas présent, j’ai commencé par l’ouvrage précédent de ce jeune auteur salué, que dis-je salué ? encensé ! par la critique, et je dois reconnaître qu’il m’avait bluffé, même si j’étais parti avec pas mal de préjugés (forcément, qui dit jeune auteur dit roman qui suinte la nostalgie adolescente avec un semblant de distante et de maturité plus ou moins maîtrisée… Qu’on se rassure, je parlerai prochainement du Troisième Frère, car il le mérite largement.).

Mais là, c’est la déception avec un grand D ! Si je voulais jouer les Zerics du samedi soir à moi tout seul, j’affirmerai que ça sent la commande pour arrondir les fins de mois – et non pour payer ses études car il est bien né le bougre : père directeur de la rédaction de Sports Illustrated – ; ce serait purement gratuit et n’apporterait rien.

D’autant plus que l’idée de départ est très bonne : raconter comment la Guerre d’Iraq (à ce propos, le traducteur hésite : Irak à l’anglo-saxonne ? Ou Iraq à la française ? Du coup on a droit aux deux en deux pages… On pourrait faire quelques efforts quand même !!!) est vécue à l’université Harvard (et non de Harvard, si on veut bien parler), par des jeunes qui sont supposés être l’élite étasunienne de demain.

Sauf que l’ouvrage est bien trop bref (ce qui n’est pas une raison suffisante – même si je m’en plains souvent – car Le Troisième Frère est guère épais, mais beaucoup plus dense, émotionnellement surtout) et donne la regrettable impression d’avoir été bâclé (je sais : j’ai l’air de me répéter, mais je ne suis nullement sénile, qu’on se rassure), qu’on aurait pu gagner en profondeur.

A moins que le parti a été dès le début délibéremment pris de faire court, bref, mais pas percutant, à l’image de notre triste génération… Alors là, ce serait vraiment réussi !!!